AVENT 2012

1° dimanche

AVENT : 1   on demande des veilleurs

 

 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 21,25-28.34-36.


Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les

étoiles. Sur terre, les nations seront affolées par le fracas de la mer et de la tempête.


Les hommes mourront de peur dans la crainte des malheurs arrivant sur le monde, car les puissances des cieux

seront ébranlées. 


Alors, on verra le Fils de l'homme venir dans la nuée, avec grande puissance et grande gloire.


Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. » 


Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s'alourdisse dans la débauche,

l'ivrognerie et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l'improviste. 


Comme un filet, il s'abattra sur tous les hommes de la terre. 


Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous serez jugés dignes d'échapper à tout ce

qui doit arriver, et de paraître debout devant le Fils de l'homme. » 



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

 

 

 

 

                        Ce texte  nous semble bien loin d’une préparation à la charmante fête de Noel, pourtant il ouvre le temps liturgique de l’avent.

En effet  il ne s’agit pas  tant de se rappeler un événement passé   , la venue de Jésus, que de se préparer à Sa venue demain et aujourd’hui.

La force des images évoquées est de style apocalyptique, et certains ne manqueront pas d’y voir dans nos jours des signes.  On a les signes que l’on peut.

 

Au lieu d’attendre fébrilement les signes du temps, car  nous ne savons ni le jour ni l’heure, si nous prenions en considération  la fin de passage.

 

Se tenir sur ses gardes, garder un cœur clair et ouvert, ne pas s’engluer dans les soucis de la vie. Voilà bien un programme  qui nous rejoint tous.

Mais pourquoi cela ?  Pour «  tenir debout devant le Fils de l’homme ».

 Le jugement dont il s’agit n’est pas de recevoir une sentence venue d’en haut, de Dieu lui même. 

Abandonnons ces images d’un Dieu juge issue des mentalités primaires mais n’oublions pas que le jugement aura lieu par bien pire que Dieu. Nous mêmes.

En effet nous le savons il est des actes , des pensées , des attitudes qui nous font ramper , qui  nous défigurent  tant que  nous n’osons plus nous regarder dans une glace .

Le Seigneur nous donne le remède à cela : veiller et prier.

Cette attitude de veille est essentielle, elle est comme le cœur même de la prière.

Car qui veille ?  la mère auprès de son enfant malade , l’amante qui attend le retour de son amoureux , le père  finissant d’achever une surprise qu’il veut offrir à ses enfants au petit matin .

La veille est fille de l’amour, de la fidélité. Comme la prière.

Veiller c’est être  attentif aux autres, être prêt à servir, pensons  au tour de garde  des pompiers ou des soignants.

Veiller c’est être au cœur de la nuit , au  cœur de la vie , mais en ne se laissant pas endormir par les soucis , les peurs , les craintes ; il est si facile de quitter l’essentiel de vue en s’abrutissant dans l’alcool , la fête ,  le travail même ….. Alors ce qui devait être moment de retrouvailles, de la joie ou de l’activité  créatrice devient aliénation.

 

Comme ils sont nombreux les signes annonçant l’éminence d’une catastrophe  dans le soleil de nos relations , dans les doutes  perçus dans les regards , dans ces mots qui ne se disent pas ou plus ….comme nous sommes prompts à tout interpréter à l’aune de notre malaise et surtout  à enfermer les autres dans nos peurs ; alors on se barricade le cœur  et même l’intelligence qui lui est liée : on refuse l’autre et sa différence prétendue , l’on regarde la  paille qui fait loucher afin de mieux ostraciser au nom du péché  , de la rumeur : Là est vraiment le jugement  porté non par Dieu mais par  nous mêmes  , les uns sur les autres et parfois aussi sur nous mêmes quand nous ne correspondons plus à la superbe image d’Epinal que nous pensons être ….

 

Seule la prière dans le nuit  de nos doutes, de nos peurs et parfois des errances peut nous arracher à cet œil de Caïn qui nous scrute.

Si nous profitions de ce temps de l’avent pour faire silence et attendre Celui qui doit venir. 

Si nous préparions  Sa venue  en prenant le temps de dire «  je t’aime et tu as du prix à mes yeux  » à  ceux qui nous entourent , à passer un peu de temps avec eux ; si nous oublions les chemins de la performance en  prenant le temps d’être là  , simplement , contemplant la beauté de la création , de l’art , des sourires … cela afin de nous tapisser le cœur  pour sentir en nous surgir le Royaume qui vient .

Si nous retrouvions le temps des choses, de la tarte qui  cuit dans le four, des rires et des pleurs partagés.

Alors notre veille serait bien amoureuse, pleine du désir de la Vie qui vient se joindre à nous  à chaque instant.

Veillons et creusons en nous ce désir d’être des hommes et des femmes debout, pour être visage contre visage avec Celui qui nous précède  et dont le regard de flamme nous ravira  en  nous rendant tout à  nous même, tout à Lui.

L’Epouse crie «  Viens  Seigneur Jésus »    , hâte en  nous le face à face.

 

Père Marc Antoine

 

 

Heinrich Schütz - Rorate coeli desuper

4° dimanche

                                                            ESPACE DE PAROLE ……

 

 

 

            Le récit de l’Annonciation  nous est bien connu et il peut  sembler même un peu loin de nous ,comme une belle histoire du passé , un conte d’enfance .

Bien sûr à sa lecture  nous pouvons rendre grâce pour la visite de l’ange à Marie , pour l’humilité de cette dernière , pour sa docilité  , et pour son « oui » qui  permet l’avènement du Sauveur.

Ces attitudes sont toutes à méditer et à garder en notre cœur .

Mais qu’est ce que cela peut changer dans notre vie à nous ?

Bien sûr nous devons nous mettre à l’école de Marie pour comme elle vivre de cette annonce , mais non pas comme une histoire du passé mais comme un récit qui s’adresse à moi aujourd’hui .

Mais si le récit de l’Annonciation nous est proposé à quelques  heures de la fête de la Nativité n’est ce pas pour ouvrir  notre cœur et faire notre l’annonce faites autrefois à Marie et qui se renouvelle pour nous en ce jour ?

Lors d’un partage d’Evangile sur cette page ,où nous étions invités à dire les termes   qui nous semblaient le plus importants pour nous ,un confrère avec humour  annonça :

«  pour moi l’essentiel c’est «  Et l’ange la quitta ».

A y regarder de plus près c’est là que commence finalement l’extraordinaire chemin de foi de Marie . Et le notre .

En effet  comme Elle , et à sa suite , nous sommes prêts à entendre la nouvelle d’un Dieu qui vient nous sauver , et la venue de Dieu en  Jésus dans  notre humanité  ne nous scandalise pas car «  rien n’est impossible à Dieu » ; cela collerait même  bien avec nos idées de puissance  miséricordieuse d’un Dieu capable de se s’abaisser .Et  la venue d’un enfant est toujours signe d’espoir , de renouveau …

Par contre il faut passer de l’annonce à la réalité , et cette réalité elle se vit dans le vide de la foi .

Plus d’ange , plus de signe , mais la réalité nue d’une femme enceinte  alors que sa condition matrimoniale ne lui permet pas encore …. L’aventure commence .

Ne voyons pas dans la timide objection de Marie «   comment cela va t-il se faire puisque je suis vierge ? » une quelconque exaltation de la virginité  ou la manifestation d’une raison qui s’interroge à juste titre .

Non Marie pressent déjà qu’il lui faudra porter le poids de cette naissance en dehors des cadres habituels de son temps et là les ennuis commencent …..

Que Dieu créateur de tout  l’univers puisse faire surgir la vie d’une  terre vierge n’est pas bien étonnant mais qu’Il vienne bouleverser les usages des hommes et leur morale dite sacro-sainte voilà bien une nouveauté qu’il nous est difficile à admettre et à vivre  tant nous voulons enfermer le salut dans nos cadres , surtout religieux .

L’Esprit créateur qui visite Marie et la rend féconde est celui qui fait toute chose nouvelle , pour nous aussi .

Nous aussi sommes en attente , nous aussi espérons notre délivrance du poids de nos souffrances diverses , nous aussi comme une terre assoiffée crions vers Dieu , mais c’est le silence  qui nous répond .

Pour  accueillir la Parole il faut le désert , et depuis le début de cet avent nous ne cessons de répondre à l’appel du Baptiste en travaillant ce désert de nos vies , déserts des désirs insatisfaits et des terres  en jachères de nos existences .  Ne rêvons pas qu’Il viendra ailleurs que dans ces endroits là car c’est  dans ces blessures qu’Il vient nous rejoindre sinon nous n’aurions pas besoin d’un Sauveur .

Pour que fleurisse notre désert et que germe en nous le Sauveur à l’instar de Marie il nous faut comme Elle faire de nos vies des espaces de Parole ….. 

Il est d’usage de nos jours de créer de tels espaces afin que chacun puisse dire , se dire ;  et l’on pense alors que cela tient lieu à la fois  de démocratie participative , de création de pensée  et de thérapie car pour nous dire c’est vivre .  Mais est ce suffisant ?

 

En contemplant Marie, pour un temps extraite de son quotidien par l’ange , à la fois nous voyons l’espace de silence qui a permis au messager de se frayer un chemin mais plus encore le vide alors qu’il La quitte ;vide où va résonner l’annonce pour prendre corps .

Alors nos espaces de paroles intérieurs ne sont pas tant un flot de paroles venant de nous mais l’écoute d’un écho d’une Parole venue d’ailleurs qui s’infiltre dans nos vies .

 

Si nous reprenions le discours de l’ange à Marie en pensant qu’il s’adresse à nous  en cette veille de Noel .

Si nous laissions résonner le silence  d’une des paroles angéliques pour  faire écho au désert/ désir de nos vies ?  «  Salue , comblé(e) de grâce , le Seigneur est avec toi …. ».

 

Laissons résonner les paroles au souffle de l’Esprit pour que comme le vent effleurant les cordes de la cithare se fasse entendre la mélodie particulière et toujours singulière qui annonce la venue de Dieu en nos vies .

 

Bien sûr notre quotidien ne sera pas transformé en un instant , nos blessures et déserts continueront d’être présents mais surgira une espérance neuve qui nous fera aller plus loin et avancer , habités que nous sommes par Celui qui a pris notre  humanité pour la faire avancer en la transfigurant de l’intérieur .

Du  « oui » que nous accepterons de prononcer alors  à l’impossible de Dieu venant en notre chair dépend le chemin qui s’ouvre devant nous .

Comme Marie ce « oui » nous entrainera  loin , parfois  aux rebours des institutions et plans humains que nous pensions suivre, mais sur notre vrai chemin d’humanité avec Celui qui nous précède et nous appelle .

Nous n’avons plus l’ange pour nous guider mais Marie de sa présence maternelle saura bien nous conduire , Elle la première en chemin , jusqu’à La rencontre de Celui qui nous attends de toute éternité .

 

+ Marc Antoine , prêtre 

De l'Annonciation à l'Assomption Marie de Oui en Oui

Date de dernière mise à jour : 07/03/2014

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