CAREME 2013

1° dimanche

40 jours pour vivre au rythme de Dieu

 

 

Le temps du carême qui commence n’est pas un temps de morosité : laissons les faces moroses, les pseudos pénitences autour de l’alimentation pour revenir à l’essentiel : Dieu.

Les tentations de Jésus au désert nous appellent à nous centrer sur la Parole de Dieu, à ne pas chercher en Lui la justification de notre orgueil, à ne pas faire de Lui un démiurge qui répondrait à notre petit quotidien.

 

40 jours pour retrouver le vrai visage de Dieu : de Jésus seul au désert endurant faim et soif, c’est à dire assumant toute notre humanité avec son désir vital, à Jésus mourant sur la croix, homme des douleurs rejoignant ainsi toutes nos douleurs.

 

Voilà notre chemin de carême tout tracé :

-       Quelle place dans nos vies pour soulager les faims et soifs de nos frères, faim matérielle bien réelle mais aussi faim de beau, de tendresse, de rencontre… tout ce qui fait notre humanité car on meurt aussi d’indifférence et de solitude.

Combien de sourires avons-nous adressés ce jour pour illuminer un peu ceux qui avancent dans les ombres de la vie ?

 

-       Autre étape de notre chemin : nos frères souffrants : quelle visite projetons-nous ? quel appel pour prendre des nouvelles ? quelle main allons-nous serrer en silence face à l’indicible, quelles larmes partager ?

 

Il ne sert à rien de sortir nos chemins de croix et autres dévotions si nous ne rejoignons pas d’abord ceux qui en ce moment sont sur la croix à côté de nous.

Il se peut même que ces souffrants ne soient que nous-mêmes : allons-nous nier notre cri, oserons nous appeler à l’aide, dire notre lassitude, crier même vers Dieu dont le silence nous assomme ?

Ce chemin de carême en passant par les autres, et au centre de nous-mêmes doit nous ramener à Celui qui nous espère de toute éternité, il attend notre retour ? « Adam où es-tu ? »

 

P Marc Antoine

 

 

 
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4° dimanche

Le retour du prodigue ….

Ce texte est connu, trop connu peut être, que de suite nous nous glissons dans la peau du fils cadet et nous pensons ainsi retourner dans la maison du Père.

Mais les choses sont plus complexes.

« Un père avait deux fils », cette parabole a alimenté tant d’espérance sur l’amour miséricordieux de Dieu, tant de générations chrétiennes se sont laissées entrainer au retour vers le Père en l’écoutant ; il n’est que de relire le texte de Péguy dans le Porche de la deuxième vertu pour s’en convaincre.

Examinons les personnages.

Le cadet

Le titre complet du célèbre tableau de Rembrandt est « le retour du fils prodigue », qui dit retour dit départ.

Ce départ énoncé au début de la parabole quand le plus jeune demande à son père sa part d’héritage.

Cette façon de partir du fils équivaut à vouloir la mort du père.

En effet cette demande d’avoir sa part d’héritage, cette demande d’indépendance est le signe que le cadet ne trouvait plus assez de joie et de raison de vivre pour rester dans la maison du père.

Le départ du fils est un offense plus grave qu’il n’y paraît ; c’est le rejet cruel de la maison où il est né et a été nourri ; ce départ dans un pays lointain, celui de la dissemblance, dit plus son désir de devenir lui-même tant il se sent étriqué dans les valeurs de sa famille.

Nous avons à nous reconnaître dans ce fils cadet car parfois nous aussi nous cherchons à couper les ponts avec notre histoire de famille, notre héritage tant nous nous sentons mal à l’aise et avons l’impression de n’être pas nous-mêmes.

Que fait le père ? Il ne condamne pas, il s’exécute, car rien ne sert de retenir celui dont le cœur ne respire plus à l’aise auprès de nous. Il comprend la douleur de son fils, et en souffre aussi.

Quitter la maison c’est le refus de mon appartenance à Dieu, c’est oublier que Dieu m’a gravé sur les paumes de ses mains et caché sous son nombre, c’est oublier le nom donné à notre baptême et qui dit qui nous sommes mais parfois la douleur fait que nous n’en pouvons plus.

Dieu qui m’a façonné dans le secret (Psaume 139), formé dans les profondeurs de la terre, accepte que nous prenions le large.

Ne blâmons pas le fils cadet, nous savons tous que l’adolescence et parfois l’adulte a besoin de ses séparations brutales pour s’émanciper des repères acquis et pour se prouver à lui-même qu’il existe, parfois au péril de sa vie.

La maison que nous quittons alors c’est pour ne plus entendre la voix du Père « tu es mon fils bien aimé, tu es tout mon amour ».

Tant que dans nos vies nous n’avons pas l’impression vitale que nous ne sommes pas à notre place, toujours retentis en nous cette envie de partir au loin.

Le premier pas dans la conversation quand nous ressentons en nous ce désir de partir est de rechercher la voix du père.

Quand nous ne nous sentons pas bénis par Dieu nous avons tendance à vouloir partir au loin : c’est que la bénédiction de Dieu n’est pas dans les éclairs ou les manifestations violentes mais dans une brise légère.

Cette voix de Dieu, qui murmure que nous sommes aimés, elle est parfois si difficile à entendre que nous n’en pouvons plus et qu’il nous faut partir rejoindre des voix plus fortes en apparence.

Ces voix plus fortes qui nous poussent à constamment vouloir plus ou mieux, ces voix nous éloignent de la brise légère où le bien-aimé nous appelle.

La volonté d’être toujours le meilleur, de réussir, d’être dans les sphères influentes, d’être l’ami des gens bien, d’être toujours autre que ce que nous sommes, ces voix sont les signes que nous ne nous sentons pas à notre place dans la maison du père.

 Quoi que nous fassions, qui que nous sommes, Dieu toujours nous aime mais nous-même avons tant de mal à nous aimer comme nous sommes…

Le drame du fils cadet c’est de ne pas se sentir aimé là où il est.

Nous en sommes tous un peu là. Et parfois cela est vrai tant l’image que l’on voudrait que l’on soit diffère de ce que nous sommes réellement. Nos proches et nous-mêmes nous nous voyons souvent de façon déformée.

Je suis le fils prodigue quand je vois que je cherche l’amour inconditionnel là où il ne peut-être trouvé.

Pourquoi est-ce que je continue à quitter la maison alors que je suis enfant du Père bien-aimé ?

Pourquoi est-ce que les dons donnés par Dieu, la santé, des dons intellectuels émotionnels vont me servir pour impressionner les gens et recevoir leur approbation pour penser être aimé plus, au lieu de les développer pour l’unique gloire de Dieu ?

C’est comme si je voulais me prouver à moi-même, comme le fils cadet et au monde, que je n’ai pas besoin de l’amour de Dieu, que cela ne me suffit pas.

C’est comme si je voulais me construire seul sans Dieu. Mais alors je vais tomber dans un abîme de désespérance à la hauteur de mon désir inassouvi d’être aimé et reconnu.

Le « non » du fils prodigue rejoue la désobéissance d’Adam et le « non serviam» de Satan.

Mais l’important n’est pas tant de partir que de revenir et le retour du fils cadet nous montre le chemin.

Qu’est-il arrivé au fils en cette terre étrangère mise à part les conséquences physiques et matérielles de son éloignement ?

Plus je m’éloigne du lieu en moi où Dieu habite moins je deviens capable d’entendre la voix qui m’appelle « bien-aimé » et plus je deviens une proie facile pour les manipulations et les enjeux du pouvoir de ce monde.

Nous vivons tous sous ce monde-là : nous voyons quelqu’un plus à l’aise que nous, nous nous demandons comment fait-il pour y arriver ?, nous travaillons pour plaire et pour être connus et reconnus.

Si nous échouons la jalousie l’amertume nous envahit, mais quand nous réussissons nous nous inquiétions que d’autres puissent réussir aussi, et deviennent jaloux de nous et nous devenons soupçonneux.

Bref un cercle infernal s’ouvre devant nous dans un enchevêtrement de besoins, de désirs, où nous sommes plus capables de reconnaître nos propres motivations ; les autres deviennent un enfer. Nous perdons notre liberté intérieure et nous commençons à diviser le monde entre ceux qui sont pour moi et ceux qui sont contre moi.

Cette simple distinction, ceux qui sont pour et ceux qui sont contre moi, est déjà le signe que nous ne sommes plus sous le regard du Père bien-aimé.

Le fils cadet a pris conscience dans son éloignement qu’il n’était plus lui-même et qu’il lui fallait retourner chez son père.

La signification du retour du cadet est exprimée par ces mots : « père je ne mérite plus d’être appelé ton fils. »

Le retour se produit au moment précis où il fait appel à sa condition de fils même s’il en a perdu la dignité ;

Notre propre conversion ne peut commencer que lorsque nous retrouvons le désir, le besoin d’entendre à nouveau la voix du père nous dire : « tu es mon fils bien-aimé tu es tout mon amour ».

Quand le fils cadet a pris conscience qu’il n’était plus traité comme un être humain, il est retourné vers son père.

Dans la vie spirituelle nous avons plusieurs fois à retourner vers le Père, notamment quand nous pensons que Dieu attend de nous des attitudes alors qu’il attend notre amour.

Quand nous pensons que ce sont nos actes de religion qui lui plaise alors qu’il se plaît dans notre amour. (même si cela n’est pas antithétique).

Nous avons besoin d’expérimenter la phrase de Saint-Paul car où le péché abondait la grâce surabonde.

La croyance en un pardon total et absolu de Dieu ne va pas de soi car notre expérience humaine du pardon nous apprend qu’elle est souvent soumise à la volonté d’un autre pour dépasser la vengeance. Toujours le regard de l’autre qui nous fait peur, depuis la chute …. J’étais nu ….

Être sur le chemin du retour comme le fils cadet consiste à devenir ou redevenir enfant de Dieu :   « si vous ne redevenez comme des petits-enfants vous n’entrerez pas dans le royaume » dit Jésus.

 Jésus ne nous demande pas de redevenir enfant mais devenir enfant.

 L’innocence ne s’acquiert que par des choix conscients.

 Et nous avons très clairement dans les béatitudes le portrait de Jésus assumant ses choix qui mènent à l’enfance spirituelle.

 Les béatitudes sont un portrait de l’enfant de Dieu, elles sont un autoportrait de Jésus le fils bien-aimé du Père, elles sont images de ce que nous devrons être.

 Choisir une béatitude c’est rentrer à la maison.

 Regardez le tableau de Rembrandt et vous voyez la tête du fils cadet enfoui quasiment dans le sein du père, il est comme une tête de bébé qui vient tout juste de sortir du sein maternel car il a accepté de naître de nouveau bien plus simplement que Nicodème qui se pose la question mais comment naître de nouveau.

 N’oublions pas aussi que le vrai prodigue, celui qui a assumé ce rôle du fils prodigue, c’est Jésus.

 Il est Celui qui est sorti de la maison du Père pour prendre sur Lui les iniquités du monde par Sa croix et qui est revenu par Son obéissance.

Le jeune homme épuisé avec une face de nouveau-né du tableau de Rembrandt peut-être aussi Jésus.

 Cet homme épuisé, brisé, agenouillé devant son père est L’agneau de Dieu qui prend sur Lui le monde.

 Il est Celui, qui innocent s’est fait pêché pour nous et qui n’a pas retenu le rang qui l’égalait à Dieu pour devenir semblable aux hommes. (Ph 2).

 Je pense que pour notre propre chemin de conversion voir dans le fils prodigue qui revient à la maison du père Jésus Lui-même peut grandement nous aider à emprunter le même chemin.

 Il n’y a pas d’autre chemin vers Dieu que celui parcouru par Jésus

Le fils aîné

 Quand nous regardons l’attitude du fils aîné nous devons bien reconnaître que nous sommes aussi de cet acabit là.

Le fils aîné c’est le fils vertueux, celui qui n’a pas quitté la maison et qui a toujours fait ce qu’on lui demandait ; c’est le bon catholique. Mais il est perdu aussi car il n’a pas trouvé sa place réelle.

Quand nous le regardons il est en colère du retour de son frère, il refuse d’entrer, il est rancunier et amer. N’est-ce pas aussi notre portrait ?

 Nous savons bien souvent que les aînés veulent plaire et craignent de décevoir leurs parents et que très souvent ils éprouvent dans leur vie une certaine envie envers les plus jeunes à qui l’on laisse faire de choses qui leurs auraient été interdites.

 Soyons honnête avec nous-mêmes, bien souvent nous regardons d’un œil un peu envieux ceux qui se sont égarés, les cadets, qui reviennent et sont accueillis avec joie.

 Quand la vie ordonnée que nous menons devient un fardeau placé sur nos épaules quand nous l’acceptons dans une obéissance qu’il est plus portée par l’amour ,il est fort à parier que déjà en nous tambourine le fils aîné.

 Ne nous y trompons pas : l’on peut rester dans les strictes limites d’actes vertueux et religieux et ne retirer aucun bénéfice parce qu’ils ne sont pas portés par l’amour qui irrigue ; ils sont secs du vrai désir, ils ne rencontrent pas qui nous sommes.

 La perdition n’est pas seulement en termes d’action très visible ou spectaculaire. On peut se perdre dans les simples limites d’une vie étriquée car non consentie comme l’on peut se noyer dans un verre d’eau.

 C’était clair pour le fils cadet, il a gaspillé son argent, son temps, ses amis. Mais pour le fils aîné l’égarement est plus difficile à cerner.

Extérieurement il est sans faute. Oh comme il faut nous méfier des gens lisses, sans faute apparente, surtout si eux-mêmes se croient bien vertueux car alors ils sont imperméables à la grâce à tel point que le fils ne voudra pas rentrer dans la joie du père ….

 Quand nous nous prenons au sérieux dans notre vie spirituelle en jouant au saint ou simplement en pensant que toute la Sainte Église repose sur nos têtes alors nous sommes en danger et que nous jugeons notre frère alors nous devenons le pharisien se comparant avec le publicain.

 Il faut avoir l’humilité d’accepter le péché qui peut entrer dans nos vies et ne pas s’arcbouter sur les tentations, et même accepter notre péché comme un don à offrir au Seigneur.

 Nous connaissons tous ces exemples caricaturaux de chrétiens faisant des efforts véritables pour éviter tel ou tel aliment pendant le carême mais qui à côté de cela ne jette même pas un regard aux pauvres qui mendient à la porte de l’église…

 Nos pratiques pénitentielles, le jeûne, l’aumône, la prière, ne sont véritablement porteuses de fruits que si elles nous poussent à la joie.

 Le signe indiscutable de la présence de Dieu c’est la joie. Le fils aîné refuse de rentrer dans la joie de la fête il n’est plus dans la maison du père il l’a désertée dans son cœur depuis longtemps.

 Regardons comment le père fait tout pour que le fils aîné revienne.

Il sort à sa rencontre, il le supplie. Et il lui fait cette confidence extraordinaire : « toi mon enfant tu es toujours avec moi et tout ce qui est à moi est à toi. »

 En réalité nous somme là dans l’union du Fils avec le Père, de Jésus avec son Père (cf. Jn)

 Le fils aîné a besoin de renoncer à la rivalité.

Dans la maison du père les demeures sont nombreuses.

Chaque enfant a sa place, unique et choisie par Dieu.

Alors nous devons renoncer à toute comparaison, à toute rivalité, à toute compétition car nous sommes aimés de façon unique et en totalité dans la lumière de Dieu.

 Oh que nos combats d’église sont bien le signe que nous sommes des fils aînés : à force de nous comparer entre nos rites, nos habitudes, les fidèles de tel ou tel père…

 Cela montre que nous sommes blessés que nous cherchons tels des enfants à être les préférés. Mais Dieu n’agit pas comme cela ; pour le Père nous sommes tous ses enfants préférés.

 Le fils aîné éperdu est devenu un étranger dans sa propre maison, il a perdu la communion avec son frère qu’il ne reconnaît pas, mais aussi avec son père dont il ne veut l’autorité bienveillante.

 Tant que nous nous accrochons à cette vieille rengaine qui veut que nous ne soyons pas aimés à notre juste valeur alors nous sommes aussi des fils aînés.

 Il faut s’ouvrir à la confiance, il faut arrêter de comparer, de se comparer à nos frères et sœurs.

C’est là l’unique chemin de liberté pour devenir nous-mêmes sous le regard du Père qui nous aime.

 Je ne peux pas me laisser trouver par Dieu si je ne me fais pas confiance.

Si je n’ai pas au fond de moi cette conviction que Dieu me désire et qu’Il m’appelle par mon nom ; si je n’ai pas en moi cette conviction que je mérite d’être trouvé par Dieu et que j’ai du prix à ses yeux, prix infini que vaut le sang du Fils.

 Il faut alors de la reconnaissance.

 Sommes-nous prêts à chanter le psaume de David qui lui fait dire : « merveille que je suis. » ?

Nous sommes tellement habitués à nous auto-humilier, à nous déprécier, un certain catholicisme a pour cela fait des ravages et ce n’est pas le visage que Dieu veut de nous ; nous sommes beau dans les yeux du Père, et si notre face est meurtrie Il la recréera.

 Une fois encore le véritable fils aîné c’est le Christ, c’est Lui qui est toujours avec le Père dans la maison du Père.

 Regardez comme le Christ ne fait aucune critique aux pêcheurs qui viennent s’adresser à Lui et comme Il les relève.

 Regardez comme Il tance les disciples qui sont durs avec ceux qui sont différents du modèle de sainteté approuvée par l’époque.

 Le Christ se réjouit de chacun de nos retours, de chacun de nos égarements ; Il a désiré de toute éternité notre retour, et toute sa vie ici bas a été dans ce sens et au Ciel Il ne cesse de nous désirer ; « J’ai soif » de toi.

 Devenir le père

 Cette parabole nous invite aussi dans notre chemin de conversion à nous identifier au Père.

Le père qui de loin, de très loin guette le retour de son fils.

Alors nous-mêmes, sommes-nous toujours en attente, sommes-nous des êtres toujours en désir tendu vers le retour du Christ, sommes-nous toujours désireux que d’autres le connaissent et se retrouvent aussi fils du père ?

 Il nous faut devenir comme le père en accueillant chacun de nos frères et nous-mêmes aussi avec la même sollicitude et la même délicatesse.

Ne forçons pas nos frères dans un rôle, ne rêvons pas notre place, elle est déjà donnée.

 Trois conditions me semblent le chemin pour devenir à l’image du père ou du Christ, Lui qui est image du Père et reflet de Sa substance (Ep aux Hébreux).

-       être dans la compassion avec tous

 Je dois oser étendre mes propres mains pour bénir comme le père, pour accueillir ceux qui souffrent et qui viennent à moi.

 Devenir semblable au père c’est le seul message essentiel du cœur de Jésus, c’est-à-dire accueillir sans réserve ce qui s’approche de nous, car tout homme est un prochain.

 Il s’agit de passer d’une appartenance à ce monde avec ses catégories à une appartenance au monde de Dieu sans catégorie.

 Nous devons aimer comme Lui être bon, comme Lui prendre soin.

 Si nous aimons ce qui nous aime quel avantage ? Nous devons aimer jusqu’à nos ennemis nous dit Jésus et Il nous en donne l’exemple en priant pour eux sur la croix.

 Jésus est bien le fils cadet mais sans révolte et le fils aîné mais sans rancune ; Il n’est pas esclave Il se donne tout entier.

-       refuser le pouvoir

 Être dans la paternité spirituelle c’est-à-dire être l’image de Dieu pour ceux qui s’approchent de nous c’est refusé le pouvoir.

 Refuser d’avoir raison, refuser d’être mis en avant. Refuser d’être un modèle, accepter les autres comme nos maitres, nous rejoignons-là l’humilité véritable dont nous parle St Benoit.

-       accepter le refus

Comme le Christ sur la Croix, porter en soi les refus de Dieu en aimant d’avantage le Seigneur, non dans un esprit de réparation ou de satisfaction (les mots sont piégés) mais dans un surplus d’amour : comme la mère aime différemment celui dont elle sait qu’il ne possède pas toutes les qualités pour réussir, celui dont elle sait la vulnérabilité et le besoin d’amour…

En méditant cette parabole nous avons bien des choix possibles pour modeler nos vies sur les pas de Dieu, en imitant le Fils, en étant certains de L’amour inconditionnel de Dieu ; il faut accepter les autres, nous-mêmes comme des membres souffrants du corps du Christ mais dont déjà le regard du Père nous couvre du manteau de lumière qui est préparé pour nous de toute éternité.

p. Marc Antoine Marie

mars 2013 

 

 
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Le fils prodigue

5° dimanche , 1° dimanche de la Passion : à l'ombre d'une croix

À l'ombre d'une croix

5e dimanche, 1er dimanche de la Passion

 Aujourd'hui commence le temps de la Passion, et nos yeux et nos cœurs sont invités à se tourner plus particulièrement vers la Croix.

« Salut ô Croix, unique espoir en ce temps de la Passion » chantons-nous dans la belle hymne du « vexilla regis ».

Oui le mystère de la Croix est bien le centre de notre vie chrétienne ; nous sommes les disciples (ou essayons de l'être) d'un Dieu crucifié et ressuscité : scandale pour tous les temps.

Scandale car la croix, le mystère de la souffrance, du mal et de la mort, nous est difficile à associer avec la divinité d'un Dieu tout puissant.

Mais justement c'est pour vivre notre humanité au plus profond de sa détresse et de son cri que Dieu s'est fait homme et qu'Il a pris le chemin de l'abaissement jusqu'à la mort et la mort de la croix.

La croix, signe de honte et de mépris, la croix signe de rejet, déni de l'humanité par les souffrances physiques et morales, cette croix est plantée dans le cœur de Dieu pour que Dieu nous rejoigne dans les horreurs de nos souffrances d'hommes et de femmes.

La mal est présent au cœur de nos vies, parfois par notre faute : le péché, parfois sans qu'aucune raison soit acceptable comme dans la mort d'un enfant. C’est le mystère d’iniquité, de l'absurdité de la vie.

Mais en Jésus nous sommes rejoint en ce mal : notre péché, Il l'a porté sur le bois, notre finitude aussi, nos maladies et souffrances aussi ; Il a été jusqu'à accepter l'abandon de Dieu, le Père se faisant absent ... mais c'est là au cœur de cet échec, de ce non-sens, que se joue notre destinée car Jésus a semé la graine de l'espérance contre le désespoir, de l'amour au-delà de l’absurde.

Comment ? En se remettant entre les mains du Père, jusqu'au bout, sans aucun signe de lumière. Et c'est dans l'ombre de la mort, au profondeur du néant que Sa confiance a rencontré l'amour du Père. Jésus a été au bout de nos impasses pour nous ouvrir un chemin.

Alors la croix nous devons la vivre ; je ne dis pas que nous devons chercher la souffrance cela serait ridicule mais la souffrance, la croix est au cœur de toute vie : maladie, mort, déceptions, calomnies, insultes, menaces, trahisons ... cela traverse toute vie et avec Jésus cela peut devenir chemin de grâces.

La foi en Jésus crucifié et ressuscité nous pousse à laisser ces fardeaux entre les mains de Celui qui les a tous portés, pour nous. Cela n'enlèvera pas la douleur mais au fond une lueur va bleuir le ciel de nos existences comme une vie nouvelle qui arrive ....

ô croix de Jésus.

En toi je mets mon espoir, ma vie, ma joie même car je sais que Tu me portes même quand je tombe.

Sur tes ailes je dépose mes souffrances et mes limites afin qu'elles soient vivifiées par Toi et que par elles passent le courant de la vie ouvert depuis le tombeau vide.

Que tes bras m'emportent vers les cieux nouveaux promis à ceux dont l'unique espérance est la foi en l'amour toujours triomphant.

p. Marc Antoine Marie

 

 
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O Crux ave spes unica

Date de dernière mise à jour : 07/03/2014

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