EPIPHANIE et BAPTEME DU SEIGNEUR

MEDITATION

 

 

 

Épiphanie

 

 

 

 

La fête de l'épiphanie que nous  fêtons en ces jours n'est pas une fête folklorique ; elle n'est pas seulement l'occasion de se retrouver entre frères pour partager une galette, elle n'est pas non plus le souvenir des rois mages

 l'épiphanie est une fête essentielle de notre foi : elle est la manifestation de Dieu au monde.

 

Dans notre monde déchiré par la douleur, par la guerre, par les horreurs il est légitime qu'une question naisse en nos cœurs : où est-il donc Dieu ?

 

Le récit de l'Évangile rapporté en ce jour n'est pas seulement une belle histoire, histoire qu'il faut corriger des scories que nos imaginations  y ont mises : il ne s'agit pas d'une fête de cadeaux et vous ne verrez pas dans le texte apparaître des rois …. Nos besoins de représentation ont fabriqué tout un folklore habilement exploité commercialement.

 

Alors pourquoi cette fête est-elle essentielle pour nous ?

Car à travers elle, à travers l'itinéraire des mages notre propre histoire est représentée. La fête de l'épiphanie, la manifestation de Dieu au monde, est pour nous l'occasion de mettre nos pas dans ceux des mages.

La question qui est la nôtre, qui est certainement celle de tout homme , qui nous taraude : comment trouver Dieu ?et quel Dieu ?

 

 

Pour trouver Dieu il nous faut d'abord être des hommes de désir.

 

On ne peut trouver que ce que l'on cherche ; et l'étoile que les mages ont suivie n'est que le symbole de notre désir.

Les mages, des savants, avaient ce grand désir de chercher ce qui fait le sens du monde, le sens d'une vie.

Bien souvent nous ne trouvons pas Dieu parce que nous sommes sans désir, ou alors nos désirs sont tellement orientés vers notre ventre et notre petit confort que nous ne levons pas les yeux de notre horizon bien bas .

 Alors en ce début d'année interrogeons-nous : est-ce que je désire regarder plus haut , est-ce que je cherche vraiment un sens à ma vie , à  la vie  du monde ?

Avons-nous le courage de lever yeux pour voir l’étoile ; cette étoile qui brille au cœur de toute existence qui cherche à aller plus loin qu’elle même , plus loin que les certitudes .

Dès que naît en nous ce désir d’être des chercheurs d’absolu cela veut dire que l’étoile s’est levée dans nos cœurs , il nous faut alors prendre la route , partir .

HEUREUX QUI DESIRE JESUS

 

 

Pour trouver Dieu il nous faut aller vers l’inconnu ,vers les terres étrangères de nos quotidiens , vers le pays où notre désir de chercheur nous entraîne ;

 

cela demande des efforts , il faut marcher de nuit dans des régions que nous ne connaissons pas ; il faut dépasser nos représentations toutes faites de la vie : ce qui nous cache Dieu ce sont  nos idées préconçues , et c’est parfois même nos idées religieuses qui nous enferment dans le cercle étroit des convenances , des rites : Dieu est au delà de nos rites et de nos habitudes figées : et il nous faut choisir : ou être des pharisiens qui suivent des rubriques ou des hommes de l’évangile qui vivent libres ;

ceci est valable pour toute notre vie spirituelle : Dieu ne se trouve pas dans nos prières récitées à la mitraillette et sans cœur : Dieu déjà nous le dit : « leurs oblations me sont en horreur » ; et mes frères j’ai bien peur que bien souvent nous disions nos prières ( dire ces prières quelle expression affreuse) , et moi le premier , que comme des incantations ;

Non notre Dieu n’est pas un dieu vaudou  , et la multiplication des rites n’est souvent pour nous que le masque de notre vide : suivons les rites fixés par l’Eglise dans sa liturgie , le reste suivra peu à peu ; et arrêtons de nous assommer avec des moulins à prières ; un seul « je vous salue marie «  dit avec cœur vaut des chapelets dits à toute vitesse en pensant à autre chose ; deux offices par jour de bréviaire récités en y mettant le ton et la forme valent mieux que des psaumes récités alors que notre cœur n ‘est déjà plus là .

prier ce n’est pas faire de la sorcellerie il n’y a pas de formule et un signe de croix oublié est moins grave que de conserver un rite alors que les fidèles  y assistent comme si nous récitions l’annuaire .

 

Donc pour trouver Dieu il nous faut passer par la nuit , pas le doute : avancer non par obligation morale ; mais par amour , poussés que nous sommes par la recherche ; il faut nous laisser dépouiller de nos certitudes , morale, religieuse ,scientifique , pour aller au cœur :

Notre Dieu n’est pas une idée il est un cœur ; alors préparons nous à passer pas des chemins détournés , ceux de l’amour .

 

 Mais  un jour un soir nous serons abattus et nous demanderons de l’aide :

L’on ne cherche pas Dieu seul , il faut nous entourer des devanciers pour baliser un peu notre route et ne pas s’y  perdre trop .

Nous pouvons comme les mages aller vers le roi , vers le pouvoir : mais que sait –il l’homme du pouvoir de Dieu ?

rien , tout ce qu’il sait c’est qu’il a peur , peur de son ombre ; voilà pourquoi Hérode tremble et sera assoiffé de sang, le pouvoir , vouloir dominer les autres et non les servir ne peut conduire à la paix et donc à Dieu .

Les mages écoutent les conseils du Livre ,oui notre recherche de Dieu ne peut se faire sans que nous incorporions l’expérience de nos pères dans la foi , et cela nous le faisons principalement par la lecture de l’Ecriture Sainte ,la Bible .

Un chercheur de Dieu qui se contente d’incantations ne trouvera pas grand chose ;

Interrogeons nous : est ce que je cherche à approfondir ma recherche ? est ce que je m’appuie sur les réflexions et expériences des autres pour arriver au terme ou est ce que je m’enferme sur mes certitudes : un chrétien qui n’est pas en recherche de sens  , qui n’approfondit pas sa foi par la réflexion est en danger : danger de se fabriquer une idole ; alors continuons la recherche en cherchant l’intelligence de la foi ; profitons de nos lectures ,des sessions de théologie pour poursuivre notre recherche.

 

HEUREUX  QUI  RECHERCHE JESUS

 

Enfin  poussés par le désir, traversant les chemins du doute et aidés par la Livre les mages arrivent et reconnaissent l’objet  de leur quête dans la crèche : un enfant .

 

Dieu se révèle , se manifeste dans cet enfant , lui la Parole a pris chair , lui le tout puissant est devenu le tout petit . nous ne trouverons le passage de Dieu dans nos vies que dans l’insignifiance des signes :Dieu se donne à voir sous les apparences les plus humbles et les mages ont reconnu Dieu à Bethléem , qui veut dire maison du pain ; nous aussi nous avons notre maison du pain , à chaque messe, à chaque eucharistie , Dieu se donne sous l’humble aspect du pain , à nous de Le reconnaître ; seul le cœur peut voir sous les apparences , le cœur creusé par le désir .

Que nos eucharisties soient pour nous des rencontres , des étincelles qui illuminent les yeux de nos cœurs pour y discerner le Seigneur .

 

HEUREUX QUI DECOUVRE JESUS

 

 

Une fois l’enfant trouvé les mages adorent et offrent les présents .

Quand on a trouvé l’amour il ne peut y avoir que le silence et l’offrande de nos vies

Oui offrons l’encens à Celui qui est Dieu

Offrons l’or à Celui qui est Roi

Offrons la myrrhe à Celui qui est homme et donc mortel .

Car notre Dieu s’est fait homme , notre Dieu a pris avec lui la souffrance et la mort ; Dieu a pris notre chemin , à nous de le suivre .

Dieu ne se donne à voir que dans l’humanité ; la notre et celle des nos frères .

Alors à nous de nous donner à notre tour

Offrons nos prières comme un encens , nos talents comme l’or et notre finitude comme la myrrhe : Celui qui a découvert Dieu ne peut que lui même se donner tout entier , passer en Dieu , accomplir sa Pâques .

HEUREUX QUI SE DONNE A JESUS

 

Enfin une fois Dieu manifesté le chemin ne  s’arrête pas là ; les mages ne se sont pas installés , ils sont repartis .

Un chercheur de Dieu doit toujours être un apôtre : Si vraiment Jésus est l’amour de nos vies alors nous ne pouvons que partir sur les routes de l’existence et proclamer la nouvelle : cela se fait très différemment selon les vocations ; mais un chrétien qui n’est pas missionnaire est un chrétien qui meurt . Encore une fois ayons le souci de porter Dieu aux autres ; que vaut notre amour si nous nous refermons sur lui … et d’ailleurs Dieu aura filé ; à nous de courir à Sa rencontre en l’annonçant ;

 

 

Comme les mages repartons par un autre chemin pour poursuivre la quête ; et de rencontre en rencontre devant l’humilité de Dieu nous risquons de Le trouver : en nous .

HEUREUX QUI ANNONCE JESUS

 

Père Marc Antoine

 

Debout Resplendis

BAPTEME DU SEIGNEUR

«Celui-ci est Mon Fils bien-aimé »

 

 

La fête du baptême du Seigneur nous permet d’entendre la voix du  Père  des cieux :

« Celui-ci est Mon Fils bien-aimé, en Lui j’ai mis tout Mon amour. »

Au jour de notre baptême cette même parole a également retenti  dans les cieux : en effet nous sommes devenus fils et filles de Dieu, frères et sœurs de Jésus-Christ, temples du Saint Esprit.

Nous ne pourrons jamais comprendre l’immense et incommensurable amour de Dieu pour nous mais le chemin ouvert par Jésus nous en laisse deviner les contours.

Etre chrétien c’est laisser retentir en nous la voix du Père pour guider notre vie en ayant bien conscience que nous sommes tous des fils et filles adoptés  par Dieu.

 Au pied de la croix  Jésus lui-même nous confie à sa mère et confirme notre adoption dont parle Saint-Paul.

 Le christianisme n’est jamais une morale, ni un ordre établi, il est toujours ouverture vers le don de soi. Nous ne serons jamais à la hauteur mais cela importe peu car c’est Dieu qui nous aime et non nous-même qui nous scrutons. Laissons-nous emporter dans le mouvement ouvert par Jésus, notre frère.

Il n’est que voir les rencontres de Jésus avec ses contemporains pour voir que celui-ci jamais ne condamnait ou n’enfermait les personnes dans des situations mais toujours les amenait à donner le meilleur d’elles-mêmes. Ne nous laissons pas enfermer dans des rôles de gardien de la morale ou des normes mais aimons passionnément nos frères, surtout ceux qui ne sont pas comme nous ….

 Chrétiens nous avons la chance de nous savoir aimer, qui que nous soyons, quoi que nous fassions, Jésus toujours nous ouvre les bras. Laisserions nous nos frères à côté  de cette chance ?

Pourquoi avoir toujours des mines sévères alors que nous sommes fils de la joie ?

Si nous osions enfin dire des « je t’aime », si nous kiffions un peu plus la vie comme disent les jeunes, si nous ne nous réfugions pas toujours dans le mythe d’un âge d’or qui alors était chrétien, si nous ne rêvions pas de conquête ou de reconquête mais seulement de partage, de fraternité ?

Si nous arrêtions de penser théorie du complot,  monde dévoyé ?

Peut être trouvez vous cela peu catholique ?

Mais où est notre espérance en Celui qui a vaincu le Mauvais ?

Où est notre confiance en Celui qui a tout créé ?

En celui qui laisse même pousser ensemble le blé et l’ivraie  car Lui seul sait faire toute chose nouvelle.

Bien sûr le monde a besoin d’une transcendance mais pourquoi les foules courent-elles par exemple par milliers par jour voir l’expo Dali à Beaubourg ou Hopper au Grand Palais  alors que nos sanctuaires sont bien vides ? Car ces artistes montrent un visage de l’humanité au large et que cela fait du bien de voir plus haut que soi.

Pourtant nous avons le plus beau visage d’homme à proposer, celui de Jésus mais nous le défigurons tant et tant en le faisant si doucereux, si éloigné, si hors d’atteinte, si loin de l’incarnation et de nos vies.

Réveillons-nous et appelons toutes et tous à Le voir, non pas tant aux pieds des autels mais sur la face de chaque homme.

Cela doit faire de nous des frères et sœurs pour tous ceux qui s’approchent.

Tous doivent reconnaître en nous les bras ouverts de Jésus et nous devons voir en eux un frère pour qui le  Christ est mort.

Comme Martin et bien d’autres peut être Le croiserons nous sur nos routes sous bien des traits...

Dans notre monde si blessé, nous devons trouver le moyen, très concret, où chacun d’entre nous peut manifester cet amour : savoir écouter, savoir sourire, pleurer  avec ceux qui pleurent, rire avec les joyeux, ouvrir ses mains, donner de son temps, de ses talents, de ses moyens, à chacun de trouver comment autour de lui il va être cette lumière  dont l’étoile s’est levée  dans la nuit de Bethléem.

 Après le temps de l’attente pendant  l’avent,  après celui de la contemplation silencieuse de l’Enfant, voici venir le temps de marcher avec lui sur les routes du monde, non pour le juger mais pour lui offrir la joie de ceux qui se savent aimer à l’infini  et la partager avec tous .

 

+ Marc Antoine 

pour que l'homme soit un fils

Date de dernière mise à jour : 07/03/2014

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site