FETE DE L 'ASSOMPTION

Pour préparer la fête ....

SERMON DE GUERRIC D'IGNY 

 Le père abbé Guerric s’adresse à ses frères réunis au chapitre,

 au monastère d’Igny, un 15 août au matin, vers 1150

 

FILLES DE JÉRUSALEM, ALLEZ ANNONCER À MON BIEN-AIMÉ

 QUE JE SUIS MALADE D’AMOUR.

 

Ces paroles que nous avons chantées cette nuit, je vais examiner, si vous le voulez bien, comment elles pourraient s’appliquer à l’Assomption de la bienheureuse Marie. Je le ferai en utilisant ce genre littéraire qu’emploient parfois non seulement les auteurs profanes, mais également les auteurs chrétiens, surtout quand ils commentent le Cantique des Cantiques, d’où ces paroles sont tirées. Ce genre littéraire, en effet, tout en respectant la vérité, se permet une assez grande liberté […]. On ne cherche pas tant à rapporter la réalité des actes et des paroles, on montre plutôt la manière dont les choses ont dû se passer. Les actes et les paroles que le récit présente, même s’ils n’ont pas été vécus tels quels, il n’est pourtant pas absurde de les tenir pour vraisemblables, et même de penser qu’ils correspondent bien aux dispositions intimes des personnages.

 

[La scène se déroule à Jérusalem, – la Jérusalem d’en bas ! – vers la moitié du premier siècle, un 15 août, dans la maison de Marie et de Jean.

Il faut supposer un espace scénique à deux niveaux : le premier, à l’avant-plan, représente la chambre de la maison, où Marie se trouve allongée sur son lit. En arrière-fond, sur le côté, un second niveau, où l’on aperçoit, assis sur son trône, Jésus. Les anges – c’est leur fonction habituelle – font le lien entre les deux niveaux, la terre et le ciel, les deux Jérusalem, celle d’en bas et celle d’en haut.]

 

[LE NARRATEUR]

Marie, sur le point de quitter son corps, était étendue sur sa couche, comme l’exige l’humaine faiblesse.

Cependant, les filles de la Jérusalem d’en haut, c’est-à-dire les anges, sachant que c’est par les hommages rendus à la mère que l’on se concilie les bonnes grâces du fils, rendaient visite avec beaucoup d’empressement et de zèle à leur Dame, Mère de leur Seigneur. Non seulement ils avaient pris une apparence humaine, mais ils conformaient aussi leurs paroles aux sentiments et aux usages des hommes. Il est donc possible qu’aussitôt après l’avoir saluée comme il convient, ils lui aient tenu à peu près ce langage :

LES ANGES

— Que se passe-t-il, je t’en prie, ma Dame, pour que tu sois ainsi souffrante et languissante ? D’où vient donc que tu sois accablée d’une tristesse et d’un abattement inaccoutumés, et que tu n’ailles plus depuis deux jours, comme c’était ton habitude, revoir ces lieux saints dont la contemplation nourrissait ton amour ? Voici déjà plusieurs jours que nous ne t’avons pas vue gravir le rocher du Calvaire afin d’y arroser de tes larmes l’emplacement de la croix, ni, au sépulcre de ton Fils, adorer la gloire de sa résurrection, ni, au Mont des Oliviers, baiser les dernières traces de ses pieds au moment de son ascension […].

[LE NARRATEUR]

Les anges donc lui demandaient pourquoi elle s’abstenait maintenant de ces visites et demeurait constamment allongée.

MARIE

— JE SUIS MALADE

LES ANGES

— Quoi ? Tu es malade ? Comment la maladie a-t-elle pu trouver place dans ton corps, où la Santé du monde a habité si longtemps ? Du corps de ton noble Fils sortait une force qui les guérissait tous, au point que la frange de son vêtement a guéri l’hémorroïsse. Et toi qui l’as porté si longtemps dans tes entrailles, sur ton sein, sur tes genoux, comment après cela la moindre infirmité, la moindre maladie, a-t-elle pu ne serait-ce qu’approcher de toi ?

MARIE

— Vous ne devez pas en être surpris, si vous vous souvenez de la condition qui fut celle du corps même de mon Fils. Ce Fils, quelle fut sa faiblesse, à quelles extrémités il a été réduit – par sa volonté, il est vrai –, je le sais bien, moi qui l’ai nourri dans mes entrailles, allaité de mes mamelles, réchauffé sur mon sein. Et je n’ai pas vu seulement les besoins de son enfance, mais ceux aussi des autres âges de sa vie, et j’y ai pourvu autant que j’ai pu. Pour finir, et non sans éprouver là ma propre passion, j’ai eu sous les yeux les outrages et les tourments de sa passion et de sa croix ; chacun d’eux m’apprenait combien est vrai ce qu’avait dit de lui notre Isaïe : « En vérité, il a pris sur lui nos maladies et il a porté nos douleurs ».

Pourquoi donc me plaindrais-je de ce qu’il n’a pas accordé à mon corps ce qu’il n’a pas donné au sien ? Je ne suis pas si délicate ou orgueilleuse que je ne puisse ou ne veuille souffrir une toute petite partie seulement de ce que lui a accepté de souffrir. Et lui, il a souffert de par sa volonté miséricordieuse ; moi, c’est par nécessité de nature.

Assurément, la santé est une chose, la sainteté une autre. Il a donné à mon corps la sainteté par le mystère de la conception de son corps ; il a promis qu’il lui donnera la santé, à l’exemple de la résurrection de son corps.

Enfin, pour que vous soyez moins surpris de me voir atteinte par la maladie, sachez que JE SUIS MALADE D’AMOUR. Je suis malade plus par impatience d’amour que par douleur pâtie ; je suis plutôt blessée par la charité qu’accablée par l’infirmité.

LES ANGES

[tournés vers Marie]

— Hélas, comme ont été fréquentes, ou plutôt continuelles tes causes de souffrances !

            [tournés vers Jésus]

— Bon Jésus, comment se fait-il que ta Mère que voici, après t’avoir mis au monde, n’a presque jamais été sans souffrance ? D’abord elle a langui de crainte, puis de douleur, et maintenant c’est d’amour. […]

   Comment se fait-il, ô bon Jésus, que toi, le fruit de la joie souveraine, tu aies été pour elle cause d’un si long martyre, de sorte que tant de glaives si aigus n’ont cessé de transpercer son âme qui t’est si chère ?

            [tournés vers Marie]

— Mais de grâce, Dame, que désires-tu que nous fassions pour toi ? Veux-tu que du moins Gabriel, initié au même mystère que toi, demeure ici pour t’assister et te servir, lui qui dès le commencement fut jugé digne d’être envoyé comme confident et ministre du mystère qui devait s’accomplir en toi, et gardien aussi de ta chambre secrète ?

MARIE

— Ce n’est pas nécessaire. Il me suffit d’avoir près de moi mon compagnon vierge, ce nouvel ange revêtu de chair, je veux parler du disciple que Jésus aimait. Mon Fils m’a laissée héritière de l’affection que Jean avait pour lui, quand sur la croix il me l’a confié et m’a confiée à lui. […]

LES ANGES

— Mais nous, en quoi pouvons-nous t’être utiles ?

MARIE

— FILLES DE JÉRUSALEM, ALLEZ ANNONCER À MON BIEN-AIMÉ QUE JE SUIS MALADE D’AMOUR. Il sait, lui, quel remède peut guérir mon mal.

LES ANGES

— Mais tu sais bien que, même s’il connaît tout, il interroge sur bien des choses comme s’il ne les connaissait pas. Si donc il nous demande quel est ce remède que tu souhaiterais voir appliqué sur ta blessure, que lui répondrons-nous ?

MARIE

— Vous êtes les compagnons de l’Époux, et Gabriel, ici présent, est le cérémoniaire de mes noces. Je ne crois donc pas devoir vous cacher mon secret d’amour ; mais je vous dirai seulement, pour ne pas être accusée de témérité, que j’ambitionne là une faveur qui me dépasse : QU’IL ME BAISE DU BAISER DE SA BOUCHE.

Si j’avais conscience d’avoir commis quelque faute, je me contenterais, avec Marie-Madeleine, du baiser des pieds ; c’est là que s’obtient le pardon des péchés. Mais parce que, pour toute ma vie, mon cœur ne me reproche rien, je crois pouvoir sans présomption demander la grâce des joies que procure le baiser de la bouche.

Et pourquoi m’accuserait-on de présomption, si je lui réclame cette bouche que lui-même s’est formée de moi, lui qui est à la fois créature et Créateur ? Quand je le tenais, petit enfant, dans mes bras, chaque fois que je désirais baiser le plus beau des enfants des hommes, j’en avais toute liberté ; jamais il ne détournait son visage, jamais il ne repoussait sa Mère. Et s’il m’arrivait peut-être dans l’ardeur de mon désir d’être trop impatiente, lui cependant, à son habitude, se prêtait à la volonté de sa Mère. Il mettait sa joie à la remplir de la grâce qui était répandue sur ses lèvres et de la douceur dont il était tout entier rempli, lui qui est tout l’attrait et le désir des âmes chastes.

Mon Fils déclare en parlant de lui-même : « Ceux qui me mangent auront encore faim, et ceux qui me boivent auront encore soif ». C’est pourquoi, plus j’ai trouvé douce la grâce répandue sur ses lèvres, plus je la redemande maintenant avec ardeur. Il est vrai qu’il a grandi en gloire et majesté, mais il n’a rien perdu de la douceur et de la bonté qui lui sont naturelles […]. Il ne méprisera pas la Mère qu’il a choisie, il n’annulera point, par une nouvelle sentence, son choix éternel.

GABRIEL

[tourné vers Marie]

— Ne crains pas, Marie, tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Même de la part des autres créatures, qui te sont bien inférieures, l’audace de ce désir et de cette demande ne lui déplaît jamais. Il ne tient jamais pour excessif ou irrespectueux à son égard ce qu’ose envers lui l’amour, pourvu qu’il soit authentique.

[tourné vers ses compagnons]

— Allons, partons, car nous semblerions faire injure au Fils lui-même, si nous retardions la gloire de la Mère.

[LE NARRATEUR]

Les anges retournent donc auprès de leur Seigneur et lui rapportent tout cela.

JÉSUS

[tourné vers les anges]

— C’est moi qui ai demandé aux enfants d’honorer leur père et leur mère. Pour faire ce que j’ai moi-même enseigné et servir ainsi d’exemple aux autres, je suis descendu sur la terre afin d’honorer mon Père. De même, afin d’honorer ma Mère, je suis remonté au ciel. Oui, je suis monté et je lui ai préparé une place, un trône glorieux, afin que la Reine siège avec le Roi, à sa droite, couronnée, vêtue d’or et de tissus multicolores. Je ne veux pas dire par là qu’un trône à part sera disposé pour elle, car elle-même sera bien plutôt mon trône.

[tourné vers Marie]

— Viens donc, ma choisie, et je placerai en toi mon trône. En toi j’établirai pour ainsi dire le siège de ma royauté : c’est à partir de toi que je rendrai mes jugements, c’est par toi que j’exaucerai les prières. Personne ne m’a davantage servi au temps de mon abaissement ; il n’est personne que je veux servir davantage dans ma gloire. Tu m’as communiqué, entre autres choses, ce qui me donne d’être homme : je te communiquerai ce qui me donne d’être Dieu. Tu me demandais le baiser de ma bouche. Ce n’est pas assez, tout entier je te baiserai toute entière : je n’appliquerai pas mes lèvres sur tes lèvres, mais mon esprit sur ton esprit, dans un baiser éternel et indissoluble. Car j’ai désiré ta beauté avec plus d’ardeur encore que toi la mienne, et je ne m’estimerai pas assez glorifié tant que tu ne seras pas toi-même avec moi dans ma gloire.

LE CHŒUR DES ANGES

— Gloire à toi, Seigneur Jésus !

L’ASSEMBLÉE DES FIDÈLES

— Gloire à toi, Seigneur Jésus ! […]

 

prier en chantant

Nous Te saluons, Couronnée d'étoiles (Emmanuel)

Chercher avec toi, Marie

Hymne acathiste

Cette hymne très ancienne et vénérée dans le monde orthodoxe   

http://www.soeursapostoliquesdesaintjean.com/L-Hymne-acathiste-a-la-Mere-de-Dieu_a12.html

 

elle peut être priée comme une neuvaine préparatoire à la fête du 15 Aout , j'en donne ici un découpage personnel.

 

1° jour 

Un ange, parmi ceux qui se tiennent devant la Gloire du Seigneur, fut envoyé dire à la Mère de Dieu : " Réjouis-toi ! Il incline les cieux et descend, Celui qui vient demeurer en toi dans toute sa plénitude. Je le vois dans ton sein prendre chair à ma salutation ! " Avec allégresse, l'ange l'acclame :

Réjouis-toi en qui resplendit la joie du Salut
Réjouis-toi en qui s'éteint la sombre malédiction
Réjouis-toi en qui Adam est relevé de sa chute
Réjouis-toi en qui Ève est libérée de ses larmes

Réjouis-toi Montagne dont la hauteur 
dépasse la pensée des hommes
Réjouis-toi Abîme à la profondeur insondable même aux anges
Réjouis-toi tu deviens le Trône du Roi
Réjouis-toi tu portes en ton sein Celui qui porte tout

Réjouis-toi Étoile qui annonce le Lever du Soleil
Réjouis-toi tu accueilles en ta chair ton enfant et ton Dieu
Réjouis-toi tu es la première de la Création Nouvelle
Réjouis-toi en toi nous adorons l’Artisan de l’univers

Réjouis-toi Épouse inépousée !

2° Jour

La Toute-Sainte répondit à l'ange Gabriel avec confiance : " Voilà une parole inattendue, qui paraît incompréhensible à mon âme, car tu m'annonces que je vais enfanter, moi qui suis vierge. "

Alléluia, alléluia, alléluia !


Pour comprendre ce mystère qui dépasse toute connaissance, la Vierge dit au Serviteur de Dieu : " Comment, dis-moi, me sera-t-il passible de donner naissance à un fils alors que je ne connais pas d'homme ? " Plein de respect, l'ange l'acclame :

Réjouis-toi tu nous ouvres au secret du Dessein de Dieu
Réjouis-toi tu nous mènes à la confiance dans le silence
Réjouis-toi tu es la première des merveilles du Christ Sauveur
Réjouis-toi tu récapitules la richesse de sa Parole

Réjouis-toi Échelle en qui Dieu descend sur la terre
Réjouis-toi Pont qui unit la terre au ciel
Réjouis-toi Merveille inépuisable pour les anges
Réjouis-roi Blessure inguérissable pour l’adversaire

Réjouis-roi ineffable Mère de la Lumière
Réjouis-toi tu as gardé en ton coeur le Mystère
Réjouis-toi en qui est dépassé le savoir des savants
Réjouis-toi en qui est illuminée la foi des croyants

Réjouis-toi Épouse inépousée !

 

La puissance du Très-Haut reposa sur l'Inépousée et comme un jardin au beau fruit, elle porta le Salut pour tous ceux qui désirent le cueillir.

Alléluia, alléluia, alléluia !

3° JOUR 


Portant le Seigneur dans son sein, Marie partit en hâte chez Élisabeth. Lorsqu'il reconnut la salutation de Marie, l’enfant se réjouit aussitôt, bondissant d’allégresse comme pour chanter à la Mère de Dieu :

Réjouis-toi Jeune pousse au Bourgeon immortel
Réjouis-toi Jardin au Fruit qui donne Vie
Réjouis-toi en qui a germé le Seigneur notre Ami
Réjouis-toi tu as conçu le Semeur de notre vie

Réjouis-toi Champ où germe la Miséricorde en abondance
Réjouis-toi Table qui offre la Réconciliation en plénitude
Réjouis-toi tu prépares l'Espérance du Peuple en marche
Réjouis-toi tu fais jaillir la Nourriture d'Éternité

Réjouis-roi Parfum d'une offrande qui plaît à Dieu
Réjouis-toi en qui tout l'univers est réconcilié
Réjouis-toi Lieu de la bienveillance de Dieu pour les pécheurs
Réjouis-toi notre assurance auprès de Dieu

Réjouis-toi Épouse inépousée !

Joseph le Sage se troubla, secoué par une tempête de pensées contradictoires. Il te vit inépousée et te soupçonna d'un amour caché, toi l'Irréprochable. Mais, apprenant que ce qui avait été engendré en toi venait de l'Esprit-Saint, il s'écria :

Alléluia, alléluia, alléluia !

4° JOUR


Quand les bergers entendirent les anges chanter la venue du Christ en notre chair, ils ont couru contempler leur Pasteur reposant sur le sein de Marie en Agneau Immaculé. Ils exultèrent en chantant :

Réjouis-toi Mère de l'Agneau et du Pasteur
Réjouis-toi Maison des brebis rassemblées
Réjouis-toi Protection contre le loup qui disperse
Réjouis-toi en ta chair s’ouvre la Porte qui conduit au Père

Réjouis-toi en qui les cieux se réjouissent avec la terre
Réjouis-toi en qui la terre exulte avec les cieux
Réjouis-toi tu donnes l'assurance à la parole des Apôtres
Réjouis-toi tu donnes la force au témoignage des Martyrs

Réjouis-toi inébranlable soutien de notre foi
Réjouis-toi tu sais la splendeur de la grâce
Réjouis-toi en qui l'Enfer est dépouillé
Réjouis-toi en qui nous sommes revêtus de gloire

Réjouis-toi Épouse inépousée !

Les Mages ont vu l'astre qui conduit à Dieu. Marchant à sa clarté comme on saisit un flambeau, ils ont trouvé la Lumière véritable. Tout proches de Celui que personne n'a jamais vu, ils acclament sa Mère :

Alléluia, alléluia, alléluia !

5° JOUR


Ceux qui savent lire les signes des astres ont reconnu dans les bras de la Vierge le Créateur des hommes ; dans les traits de Celui qui a pris condition d'esclave ils ont adoré leur Maître. Avec empressement ils l'honorèrent de leurs présents en chantant à la Toute-Bénie :

Réjouis-toi Mère de l'Astre sans déclin
Réjouis-toi Reflet de la clarté de Dieu
Réjouis-toi en qui s’éteint la brûlure du mensonge
Réjouis-toi en qui s'illumine pour nous la Trinité d'Amour

Réjouis-toi en qui l'inhumaine puissance est défaite
Réjouis-toi tu nous montres le Christ Seigneur Ami des hommes
Réjouis-toi en qui les idoles païennes sont renversées
Réjouis-toi tu nous donnes d’être libérés des oeuvres mauvaises

Réjouis-toi en qui s’éteint l'idolâtrie du feu païen
Réjouis-toi en qui nous sommes affranchis du feu des passions
Réjouis-toi tu conduis les croyants vers le Christ Sagesse
Réjouis-toi Allégresse de toutes les générations

Réjouis-toi Épouse inépousée !

Les Mages s'en retournèrent à Babylone en témoins, porteurs de Dieu. Là ils annoncèrent la Bonne Nouvelle et accomplirent les Écritures en te proclamant devant tous comme Messie. Hérode resta seul, livré à sa sottise, incapable d'entrer dans la louange :

Alléluia, alléluia, alléluia !

6° JOUR 


Ô Sauveur, tu as porté en Égypte l'éclat de la vérité et tu en as chassé les ténèbres du mensonge. Les idoles du pays de l'esclavage se sont placées sous ta puissance et ceux que tu as ainsi délivrés du péché se tournent vers la Mère de Dieu pour lui chanter :

Réjouis-toi en qui l'homme est relevé
Réjouis-toi en qui les démons sont défaits
Réjouis-toi tu foules au pied le maître du mensonge
Réjouis-toi tu démasques le piège des idoles

Réjouis-toi Mer où trouve sa perte 1e Pharaon 
qui se tient dans l'esclavage du péché
Réjouis-toi Rocher d'où jaillit la Source 
qui abreuve les assoiffés
Réjouis-toi Colonne du Feu 
qui illumine notre marche dans la nuit
Réjouis-toi Manteau aussi vaste 
que 1a Nuée pour ceux qui sont sans recours

Réjouis-toi tu portes le vrai Pain du ciel 
qui remplace la manne
Réjouis-toi Servante du Festin 
où nous avons part aux réalités du ciel
Réjouis-toi Belle terre de la foi où s'accomplit la Promesse
Réjouis-toi Pays ruisselant de lait et de miel

Réjouis-toi Épouse inépousée !

Lorsque Siméon fut au seuil de la mort, Seigneur, tu lui fus présenté comme un enfant mais il reconnut en toi la perfection de la Divinité. Plein d'admiration pour ton Être qui n'a pas de fin, il chanta :

Alléluia, alléluia, alléluia !

7° JOUR


Le Créateur a fait une Oeuvre Nouvelle lorsqu'il se rendit visible à nos yeux. Il a pris chair dans le sein d'une vierge en la gardant dans son intégrité, pour qu'à la vue de cette merveille nous chantions :

Réjouis-toi Fleur de l'Être inaltérable de Dieu
Réjouis-toi Couronne de son amour virginal
Réjouis-toi Figure qui resplendit 
de la Résurrection du Seigneur
Réjouis-toi tu partages avec les anges la clarté du Royaume

Réjouis-toi Arbre dont le Fruit splendide nourrit les croyants
Réjouis-toi Feuillage dont l'ombre procure 
la fraîcheur aux multitudes
Réjouis-toi tu enfantes la rançon des captifs
Réjouis-toi tu portes dans ta chair le Guide des égarés

Réjouis-toi notre Avocate auprès du Juge juste et bon
Réjouis-roi en qui arrive le pardon pour la multitude
Réjouis-toi Tunique d'espérance pour ceux qui sont nus
Réjouis-toi Amour plus fort que tout désir

Réjouis-toi Épouse inépousée !

Quand nous contemplons cet enfantement inhabituel nous devenons étrangers à notre monde habituel et notre esprit se tourne vers les réalités d'en haut. Car le Très-Haut s'est révélé aux hommes dans l'abaissement pour élever ceux qui croient en lui.

Alléluia, alléluia, alléluia !

8° JOUR


Le Verbe que rien ne contient a pris chair dans notre condition humaine sans cesser d'être Dieu. En venant habiter le monde d'en-bas, il n'a pas quitté pour autant les réalités d'en-haut, mais il est descendu tout entier dans le sein d'une Vierge qu'il a habitée de sa divinité :

Réjouis-toi Temple du Dieu de toute immensité
Réjouis-toi Porche du Mystère enfoui depuis les siècles
Réjouis-toi incroyable nouvelle pour les incroyants
Réjouis-toi Bonne Nouvelle pour les croyants

Réjouis-toi Vaisseau choisi où vient à nous 
Celui qui surpasse les Chérubins
Réjouis-toi Demeure très sainte de Celui 
qui siège au-dessus des Séraphins
Réjouis-toi en qui les contraires sont conduits vers l'Unité
Réjouis-toi en qui se joignent la virginité et la maternité

Réjouis-toi en qui la transgression reçoit le pardon
Réjouis-toi en qui le Paradis s'ouvre à nouveau
Réjouis-toi Clef du Royaume du Christ
Réjouis-toi Espérance des biens éternels

Réjouis-toi Épouse inépousée !

Tous les anges du ciel ont été frappés de stupeur devant la prodigieuse oeuvre de ton Incarnation, Seigneur, car toi le Dieu que nul n'a jamais vu, tu t'es rendu visible à tous et tu as demeuré parmi nous. Tous nous t'acclamons :

Alléluia, alléluia, alléluia !

9° JOUR 


Devant toi, ô Mère de Dieu, les orateurs bavards sont muets comme des poissons, incapables de dire comment tu as pu enfanter et demeurer vierge. Remplis d'étonnement, nous contemplons en toi le Mystère de la Foi :

Réjouis-toi Trône de la sagesse éternelle
Réjouis-toi Écrin du dessein bienveillant de Dieu
Réjouis-toi tu conduis les philosophes 
aux limites de leur sagesse
Réjouis-toi tu mènes les savants aux frontières du raisonnement

Réjouis-toi devant qui les esprits subtils deviennent hésitants
Réjouis-toi devant qui les littérateurs perdent leurs mots
Réjouis-toi devant qui se défont 
les raisonnements les plus serrés
Réjouis-toi car tu montres Celui 
dont la Parole agit avec puissance

Réjouis-toi en qui nous sommes tirés de l'abîme de l'ignorance
Réjouis-toi en qui nous accédons à la plénitude 
du Mystère de Dieu
Réjouis-toi Planche de salut pour ceux 
qui aspirent à la pleine vie
Réjouis-toi Havre de paix pour ceux 
qui se débattent dans les remous de leur vie

Réjouis-toi Épouse inépousée !

Dans sa volonté de sauver toute sa création, le Créateur de l'univers a choisi d'y venir lui-même. Pour refaire en nous son image à sa ressemblance divine, il est devenu l'Agneau, lui notre Dieu et notre Pasteur.

Alléluia, alléluia, alléluia !


jour de la fête même 

En toi Vierge Marie, Mère de Dieu, trouvent refuge ceux qui ont fait choix de virginité et qui se tournent vers toi. Car le Créateur du ciel et de la terre t'a façonnée, ô Immaculée, en venant demeurer dans ton sein. Tous, il nous apprend à t'acclamer :

Réjouis-toi Mémorial de 1a virginité
Réjouis-toi Porte du Salut
Réjouis-toi premier fruit du Royaume Nouveau
Réjouis-toi en qui resplendit la merveille du don gratuit

Réjouis-toi en qui sont régénérés les esprits accablés
Réjouis-toi en qui sont fortifiés ceux que leur passé a blessé
Réjouis-toi car tu enfantes Celui qui nous délivre du Séducteur
Réjouis-toi car tu nous donnes la Source de la chasteté

Réjouis-toi Chambre nuptiale où Dieu épouse notre humanité
Réjouis-toi tu confies au Dieu d'amour 
ceux qui se donnent à lui
Réjouis-toi Nourriture du Seigneur pour ceux 
qui ont pris le chemin de virginité
Réjouis-toi tu conduis les croyants à l’intimité avec l'Époux

Réjouis-toi Épouse inépousée !

Toutes nos hymnes de louange sont impuissantes à chanter, Seigneur, la profusion de ta miséricorde infinie. Seraient-elles aussi nombreuses que le sable de la mer, jamais elles ne parviendraient à égaler la richesse du don que tu nous as fait.

Alléluia, alléluia,, alléluia !


Nous contemplons dans la Vierge sainte le flambeau qui a porté la Lumière dans les ténèbres. Embrasée par la flamme du Verbe de Dieu qu'elle accueille dans sa chair, elle conduit tout homme à la connaissance de Dieu, illuminant l'intelligence de sa Splendeur. Joyeusement nous l'acclamons :

Réjouis-toi Aurore du Soleil levant
Réjouis-toi Flambeau qui porte la Lumière véritable
Réjouis-toi Éclat de Celui qui illumine notre coeur
Réjouis-toi devant toi l'Ennemi est frappé de terreur

Réjouis-toi Porte de la Lumière étincelante
Réjouis-toi Source d'une Eau jaillissant en Vie éternelle
Réjouis-toi Image vivante de la piscine du baptême
Réjouis-toi en qui nous sommes lavés de la souillure du péché

Réjouis-toi Bassin où nous est donné un esprit renouvelé
Réjouis-toi Coupe où nous puisons la Joie
Réjouis-toi en qui nous respirons le parfum du Christ
Réjouis-toi Source intarissable d'allégresse

Réjouis-toi Épouse inépousée !

Il a voulu faire grâce des anciennes dettes à tous les hommes. De lui-même il est venu habiter chez les siens, parmi ceux qui vivaient loin de sa Grâce et déchirant leurs billets de créance, il entendit de toutes les bouches sortir cette acclamation :

Alléluia, alléluia, alléluia !


Nos voulons, ô Mère de Dieu, chanter ton enfantement, te louer comme le Temple vivant que le Seigneur a sanctifié et glorifié en demeurant dans ton sein, lui qui tient tout dans sa Main :

Réjouis-toi Tabernacle du Dieu vivant
Réjouis-toi Sanctuaire qui contient le Seul Saint
Réjouis-toi Arche de la Nouvelle Alliance dorée par l'Esprit
Réjouis-toi Trésor inépuisable de la Vie

Réjouis-toi Diadème de grand prix pour les gouvernants
Réjouis-toi Gloire vénérable des prêtres de Dieu
Réjouis-toi Solide Tour qui garde l’Église
Réjouis-toi Rempart inébranlable de la Cité

Réjouis-toi en qui surgit le Trophée de notre victoire
Réjouis-toi en qui sonne la déroute de notre Ennemi
Réjouis-toi Guérison de mon corps
Réjouis-toi Salut de mon âme

Réjouis-toi Épouse inépousée !

Ô Mère bénie entre toutes, toi qui as enfanté le Verbe de Dieu, le Seul Saint, reçois l'offrande de notre prière. Garde-nous de tout malheur et de toute menace, nous qui te chantons d'un même coeur :

Alléluia, alléluia, alléluia !

Traduction du Foyer de Charité 
Ottrott en Alsace (France) :
Hymne acathiste à la Mère de Dieu
(Disque compact Jade/BMG, 1994).


L'Hymne Acathiste à la Mère de Dieu

et pour continuer la fête ....

SERMON DE SAINT ANTOINE DE PADOUE

 

Sermon pour l'Assomption de Marie

« Il posa sur sa tête le diadème royal ».

« Venez, dit le Cantique, contemplez, filles de Sion, le roi Salomon, avec le diadème dont sa mère l'a couronné, au jour de ses épousailles >, (Ct 3, 11).

La Vierge Marie a couronné le Fils de Dieu avec le diadème de la chair humaine, le jour de ses épousailles, lorsque la nature divine fut unie, comme un époux, à la nature humaine, dans la chambre nuptiale de la Vierge Marie. Aujourd'hui, le Fils a couronné sa Mère du diadème de la gloire céleste.

Venez, admirez la Mère avec le diadème dont son Fils l'a couronnée, aujourd'hui, jour de son Assomption.

Vase d'or

L'humilité se conserve par la pauvreté. La pauvreté est dite « d'or » parce qu'elle rend riches ceux qui la possèdent.

Où il y a la vraie pauvreté, il y a le nécessaire. Où il y a l'abondance, il y a l'indigence.

Or éclatant de la pauvreté ! Celui qui ne te possède pas , même s'il possède tout le reste, n'a rien ! Les biens temporels enflent et s'évanouissent. Dans la pauvreté, il y a la joie ; dans les richesses, la tristesse et le tourment.

« Mieux vaut une bouchée de pain sec avec la tranquillité, dit Salomon, qu'un veau engraissé avec la discorde ou une maison pleine de victimes,

Mieux vaut peu de biens avec la crainte du Seigneur que de grands trésors qui ne rassasient pas,

Mieux vaut habiter un pays désert qu'avec une femme querelleuse et chagrine

Mieux vaut une habitation à l'angle d'un toit  que faire maison commune avec les autres »

(cf. Pr 17, 1 ; 15, 15-16 ; 21, 19 et 21, 9).

Vase d'or massif

L'humilité et la pauvreté de la Vierge Marie furent ornées de la pureté ; c'est pourquoi on ajoute : Vase d'or massif.

Ce vase a été orné de toutes sortes de pierres précieuses , privilèges et dons célestes. Celle qui engendra le Créateur et le Rédempteur réunit en elle-même les mérites de tous les saints.

O incomparable dignité de Marie, abîme insondable de miséricorde. Jamais à un ange ni à un homme ne fut ou ne sera donné une telle grâce et autant de miséricorde que celles qui furent données à la Vierge que Dieu le Père a voulu comme Mère de son Fils. Ce serait une grâce et une dignité très grande pour une simple femme que d'avoir un fils avec un empereur. Vraiment supérieure à toute grâce fut celle de Marie qui eut un Fils en commun avec le Père Eternel. A cause de cela, elle a mérité aujourd'hui d'être couronnée au ciel.

Olivier chargé de fruits

L'olivier est la plante ; l'olive, le fruit ; l'huile, le suc. L'olivier produit une fleur parfumée, d'où se forme l'olive qui est d'abord verte, puis rouge et enfin mûre.

Sainte Anne fut l'olivier d'où germa la fleur au parfum incomparable de la Vierge Marie. Celle-ci fut verte, demeura vierge dans la conception et la nativité du Sauveur, avant l'enfantement et dans l'enfantement ; elle fut rouge dans la passion de son Fils, lorsque l'épée transperça son âme ; elle fut mûre dans l'Assomption d'aujourd'hui, car elle est épanouie et possède le bonheur de la gloire céleste.

Prenant part à sa joie, nous chantons dans l'introït de la messe de ce jour : « Réjouissons-nous tous dans le Seigneur »

Cyprès s'élevant jusqu'aux nuages

Comme un cyprès, la Vierge Maries'élève aujourd'hui plus haut que tous les anges.

A ce sujet, nous lisons dans Ezéchiel : « Au-dessus du firmament qui était sur la tête des quatre animaux, apparut quelque chose qui avait l'aspect d'une pierre de saphir en forme de trône, et sur cette forme de trône, tout en haut, un être ayant apparence humaine » (Ez 1, 26).

Dans les quatre animaux sont représentés tous les saints, décorés de vertus et instruits de l'enseignement des quatre évangiles ; dans le firmament, les choeurs des anges ; dans le trône, la Vierge Marie, dans laquelle le Seigneur s'humilia lorsqu'il prit chair en elle. Dans le fils d'homme, Jésus Christ, Fils de Dieu et de l'homme. Dans la gloire du ciel, il y a donc tous les saints, les anges, la Vierge Marie et Jésus Christ.

Nous te prions, ô Notre Dame, Mère de Dieu,

exaltée au dessus des choeurs des anges.

Remplis le vase de notre coeur de la grâce céleste ;

fais-nous resplendir de l'or de la sagesse;

soutiens-nous avec la puissance de ton intercession ;

orne-nous des pierres précieuses de tes vertus ;

répands sur nous l'huile de ta miséricorde,

par laquelle tu couvres la multitude de nos péchés.

Que nous soyons trouvés dignes d'être élevés à la hauteur de la gloire céleste

et de vivre heureux pour l'éternité avec tous les bienheureux.

Nous demandons cela à Jésus Christ,

ton Fils qui en ce jour t'a exaltée au-dessus des choeurs des anges,

t'a couronnée de la couronne du royaume et t'a placée sur le trône de la lumière éternelle.

A lui soit honneur et gloire pour les siècles éternels. Et que toute l'Eglise chante : Amen. Alleluia !

 

Coeur de Marie Immaculée

Date de dernière mise à jour : 07/03/2014

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