SEMAINE SAINTE

RAMEAUX

Qui est–il ton Dieu ?

Bien souvent des questions sont posées à ceux qui ont la foi, qui professent la foi chrétienne : qui est–il ton Dieu ?

Interrogation légitime, déjà contenue dans les psaumes, et qui hante le cœur de l’homme.

La semaine sainte qui commence est l’occasion de donner quelques éléments de réponse et au lieu de faire un bon discours théologique laissons les objets entourant ces jours nous énoncer quelque peu le mystère...

La grande semaine s’ouvre par une étrange procession : un homme est accueilli triomphalement à Jérusalem, ne serait–il pas le messie attendu, le fils de David ?

Assurément Il l’EST, mais regardons de plus près l’étrange spectacle :

Un homme assis non sur un beau cheval mais un âne, et encore même pas un bel âne, non un petit âne, un ânon…

Et les gens qui acclament attrapent ce qui passe entre leurs mains : tapis pour joncher le sol et branches de palmiers en guise d’oriflammes...

Ne serait-ce pas là une parodie ?... Cela ne fait pas très sérieux, spontané peut-être, mais bien enfantin, comme un jeu, comme le jeu de « si on jouait au messie qui entre dans la ville sainte... ».

Pourtant ânon et palmes nous disent bien qui est Jésus, le Messie, non attendu par nos rêves de puissance mais le Messie attendu par nos cœurs : simple, accessible, se laissant mener dans ce cirque de nos vies.

Jésus, Fils de David, Fils de Dieu, est juché sur un ânon, une bête de somme : symbole de la dureté de nos cœurs qui avancent bien péniblement vers la lumière.

Jésus, Fils de David, Dieu fait homme, est acclamé par la foule et les branches qui l’entourent annoncent à la fois les épines, la flagellation, et le bois de la croix.

Un Dieu qui ne joue pas à être Dieu mais qui s’abaisse à hauteur d’homme.

Il sait que la même foule qui crie « hosanna » ce soir criera « à mort » vendredi,

Il sait que vendredi c’est Lui qui sera moins considéré qu’un ânon quand Il portera non les lauriers de gloire mais la poutre de la croix. Ainsi est l’homme, changeant.

Ainsi Dieu se fait-Il alors sommet d’abaissement, et cet abaissement n’aura de cesse de nous trouver à hauteur de nos bassesses, de nos déchéances mêmes.

Alors si aujourd’hui nous chantons avec la foule le « hosanna », n’oublions pas que notre lot à notre tour est de choisir la petitesse de l’ânon pour annoncer qui est Jésus, et plus encore pensons que les rameaux et les palmes portés en triomphe doivent nous préparer à suivre le même chemin : celui de l’amour qui se donne entièrement et jusqu’au sang versé car « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ».

Ô ânon de Jérusalem que je voudrai avoir le courage de Te choisir en ma vie, Toi qui porte ceux qui ne craignent ni la gloire, ni les insultes et les moqueries ; apprends-moi à me déposséder sans cesse pour faire passer Celui qui doit venir...

+ Marc Antoine Marie 


 
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Voici que s'ouvre pour le Roi

JEUDI SAINT

Un linge, un bassin et un peu de pain …..

Pour le jeudi saint les objets qui nous sont donnés pour comprendre le mystère ineffable de Dieu sont d’une banalité déconcertante et pourtant ces simples objets sont des annonces des heures qui vont venir ….

Jésus ôte son vêtement de fête, se met un linge à la ceinture, prend une bassine d’eau et commence à laver les pieds de ses disciples en les essuyant avec le linge …..

Geste d’esclave pour l’époque, geste de serviteur mais qui devient pour toute époque geste d’amour.

Se dépouiller, de ses vêtements nous rappelle que Jésus s’est « dépouillé du rang qui l’égalait à Dieu » (Ph 2) et a pris la condition d’esclave.

Cela annonce le dépouillement plus grand encore de la Croix quand Jésus sera dépouillé de son vêtement et que nu, comme un ver et non un homme (ps 21) il sera livré au regard de tous ; quoi de plus vulnérable que la nudité non consentie sous le regard des autres, quoi de plus intrusif que ces regards qui scrute alors ?

Le linge dont se sert le Seigneur est déjà le linge de Véronique, il sert à essuyer ceux qui n’en peuvent plus de marcher et de tomber, apôtres comme le Maître à genoux devant eux.

Et comment non plus ne pas évoquer le linge qui enveloppera le cadavre de Jésus, les yeux clos désormais le soir du vendredi.

La bassine n’est elle pas sœur de celle dont se servira Pilate pensant être quitte du sang versé ?

Ces objets nous crient l‘Amour qui se donne et ne se reprend pas.

Le don du Seigneur est déjà consommé et le signe suivant, le pain partagé en est l’aboutissement.

Le pain pascal, signe mémorial de la Pâque, le pain signe de la vie, le pain froment broyé et pétri sous les mains des hommes, le pain signe du partage, voilà ce que nous donne le Seigneur … avec cet ordre « faites cela en mémoire de moi » ….

Partager le pain eucharistique n’est rien si nous n’y mettons pas l’intention que le Seigneur nous appelle à accomplir : se donner soi-même, se livrer, corps et âme.

N’oublions pas que les deux signes donnés ce soir-là, le pain et le sacerdoce, ne sont qu’une même réalité sous des aspects divers : se livrer totalement, être soi-même froment en s’abaissant et en servant pour nourrir le monde.

Particulièrement ce soir prions pour les prêtres pour que nous soyons des êtres livrés entièrement, des êtres à genoux devant nos frères, des êtres laissant éclater la vulnérabilité la plus totale, parfois sous les coups, les calomnies, l’angoisse mais toujours dans la joie d’être appelés « amis » de Jésus.

En recevant le pain de vie, en adorant ce soir, livrons nous tous, tout entier, sans réserve à Celui qui transfigure la vie de ceux qui se donnent.

+ Marc Antoine Marie, prêtre.

 
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Voici le corps et le sang du Seigneur

VENDREDI SAINT

 

 

Un manteau rouge au milieu des épines.

 « Qui est-il ton Dieu » ne cesse de demander la foule ? ».

En ce vendredi saint la réponse devrait n’être que celle donnée par le Seigneur Lui-même : un silence retentissant qui fait vibrer l’être de celui qui interroge.

Mais en suivant le chemin de la Passion, de l’arrestation à la mise au tombeau, quelques objets encore parlent dans le silence.

D’abord un manteau rouge, de ces capes d’apparat dont les potentats de tous temps et de toutes religions aime se voiler, mais ce manteau rouge n’est qu’une farce car il est rehaussé d’un dérisoire sceptre de roseaux, et d’une couronne d’épines. Et Jésus est là tel un pantin dont on se moque, Ecce homo qui nous renvoie tous à la fois à la pantomime de nos vies où nous sommes souvent ballotés par les événements et les choses et en même temps à notre incapacité naturelle à être quelque chose alors que la faiblesse nous entoure.

Et l’on se moque de Lui comme on se moque de nos vies, de nos souffrances et de ces limites qui nous entravent si bien, même quand nous pensons être importants. Mascarade de la vie dont la mort est l’issue certaine.

Mais Il se tait alors que nous, nous vociférons pour montrer que nous sommes encore quelque chose ou quelqu’un. Lui se tait pour rejoindre toutes nos désespérances quand plus rien ne nous semble possible, quand tout espoir est mort.

De ce pantin l’on fait ensuite un condamné, et la croix est le signe universel de toute oppression. D’abord elle est objet d’infamie, encore aujourd’hui celui qui porte en lui la souffrance est bien souvent déconsidéré et  rejeté ou des hommes, ou des dieux… Un raté, un rebut.

Cette croix est écartèlement et oppression pour porter nos difficultés à unir le ciel et la terre, nos contradictions mais aussi l’acharnement que nous mettons à faire peser sur les autres le poids de notre propre insuffisance à vivre.

Et Jésus va épouser la croix, faire corps avec elle, tomber sous son poids mais se relever et la saisir de nouveau, jusqu’à ce que ses chairs soient incrustées dedans quand les clous de fer uniront ses membres au bois …. Ainsi Il n’est plus que douleurs mais ce sang imbibant le bois, cette chair sertie dans le bois brillera comme des diamants.

Voilà qui est notre Dieu, et c’est un corps exsangue qui échoue entre les bras de la Vierge Mère, première de toutes ces mères recueillant le corps mort d’un enfant …. car le mystère de souffrance atteint aussi la Mère dont le glaive perce l’âme, en silence comme il se doit au douleur trop forte quand aucun son ne peut plus sortir des bouches médusées de douleurs.

Ce corps sans vie, totalement passif, défiguré est mis dans un linceul avant le froid de la pierre. Ainsi notre Dieu qui se fait toute impuissance. Pour guérir nos volontés de puissance.

Mais à y regarder de plus près, sous la face ensanglantée, sous la chair torturée, sous le livide de la peau, il y a comme une étincelle qui dort dont le côté transpercé laisse passer un éclat … il faut attendre le silence et le froid du tombeau pour que ce brasier ardent se lève alors et transperce toute nuit.

P Marc Antoine Marie +


 
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MATTHÄUSPASSION 1958 Erbarme Dich, mein Gott

SAMEDI SAINT

Samedi Saint

Le samedi saint est une journée bien particulière, tout est vide après les événements de la veille, le corps de Jésus repose sur la pierre froide du tombeau, mais en fait un étrange pèlerinage commence : le Christ descend aux enfers et vient y chercher les justes qui attendaient sa venue.

Le samedi saint est la journée du silence, silence de la terre après avoir été retournée, silence après les catastrophes, silence obsédant qui dit une absence.

Mais ce silence a quelque chose de particulier, il est à la fois apaisant et coule sur nous pour rejoindre nos fissures de vie.

Laissons le silence entrer en nous pour qu’il prépare le chemin de la vie qui vient.

Préparons nos cœurs à la flamme qui va jaillir dans la nuit pascale.

Déjà les lueurs de Pâque fleurissent aux coins de nos meurtrissures, quelque chose change sous la poussée du Vivant.

† P Marc Antoine Marie 


 
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Office de la descente aux enfers

VIGILE PASCALE

 

VIGILE PASCALE

Une pierre au milieu des parfums ....

Au début de la nuit, dans le silence du crépuscule qui s’installe, alors que tout semble en repos, une faible flamme vacille au vent ....

Elle est minuscule, aussi petite que notre foi. 

Et pourtant ....

Cette flamme va mettre le feu au monde entier, en se passant de mains en mains, de rencontres en rencontres toujours au rythme du même récit : celui de la libération.

L’ancien récit de la traversée de la mer rouge avait déjà donné les prémisses d'un Dieu libérant ceux qui mettent en Lui leur espoir...

Ce soir un autre récit vient traverser la Pâque juive, celui des femmes venant apporté de quoi parfaire les soins funéraires en apportant des aromates.

Ces femmes se rendant au tombeau dans le nuit finissante trouvent la pierre, fort lourde, roulée ...et à l'intérieur le tombeau est vide ... le cadavre n'est plus là.

Alors la voix d'un ange donne le sens : " pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? Il n'est plus ici, Il est ressuscité ..."

Cette même question est la réponse bien de nos interrogations. Ne cherchons pas un cadavre, mais un vivant .... Et nul signe n'est donné que l’absence, non plus comme un vide mais une présence en creux ....

Ne cherchons pas à trop raisonner mais laissons parler notre cœur ; et nous savons bien d’expérience que malgré la douleur de la perte de nos chers défunts nous ressentons parfois leur présence dans le vide même de l'absence ....

Les aromates funéraires se transforment alors en parfum d'action de grâce qui nous invite à annoncer au monde l'unique bonne nouvelle : Jésus est Vivant, Il a vaincu nos morts et nous précède ....

Ce soir encore le message retenti, passons le à nos frères et nos cierges de foi illumineront les ténèbres des cœurs.

Bonne et sainte fête de Pâque.

† Père Marc Antoine Marie


 
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Handel,Messiah : Hallelujah

Date de dernière mise à jour : 30/03/2013

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