TRIDUUM 2014

JEUDI SANT

Un linge et du pain ….

La fête du Jeudi Saint met devant nos yeux deux signes que Jésus utilise : un linge dont il se ceint, et le pain qu’il partage.

Ces deux signes nous disent beaucoup de ce qu’est l’Eucharistie, et le Sacerdoce qui lui est intrinsèquement lié.

-       Un Service

Le geste du lavement des pieds exprime que Jésus est le serviteur, celui qui est là pour mettre la tenue de service et servir les frères.

Le pain distribué est aussi le signe du service, car il est partagé entre tous par celui qui se donne lui-même à travers ce geste ; donner son pain c’est donner de son labeur, c’est se donner soi-même.

L’eucharistie est service rendue à ceux qui cherchent un sens, toute messe est service car elle met Dieu proche de ceux qui L’attendent.

Le sacerdoce n’est que service des frères, de tout homme, et quand il devient pouvoir ou domination il n’est que l’ombre de lui-même, caricature de Dieu et faux témoignage.

-       Un Abaissement

Pour servir il faut s’abaisser ; se courber afin de se mettre à hauteur de ceux que l’on veut servir.

Jésus s’abaisse jusqu’à laver les pieds des disciples, Il ploie son corps comme quelques heures plus tard Il le ploiera sous le poids de la Croix.

On ne peut que toujours aller au-devant, que sortir de sa hauteur pour trouver son frère.

Le pain est bien aussi la denrée la plus élémentaire du repas, il est parfois même le seul bien des pauvres auquel il manque.

L’Eucharistie est le Sacrement des pauvres, de ceux qui acceptent d’être à ras de terre, au ras des blés.

Le Sacerdoce n’est là que pour s’abaisser toujours et aller au-devant de ceux qui sont loin, blessés ou ailleurs… Le Sacerdoce n’est pas pour les nantis et pour ceux qui savent, ceux-là n’ont pas besoin du Prêtre car ils sont trop sûrs d’eux-mêmes et pour eux le Prêtre ne peut-être que la caution morale de leur suffisance.

Le Prêtre ne doit pour cela jamais s’installer, mais toujours aller vers les autres, les situations du bord, Il doit étonner en proposant de s’abaisser devant ceux qui ne croient pas, qui se sentent si abandonnés et pour qui Dieu n’est rien… En s’abaissant en se faisant proche d’eux par l’amitié, le partage des soucis, Il porte aussi une espérance qui vient d’au loin, du Seigneur Lui-même.

-       La Douceur d’un Don

Le pain partagé, les pieds lavés sont deux gestes de douceur que le Seigneur dépose au cœur de nos vies.

Douceur des mains qui sèchent les pieds lavés, douceur des mains qui déposent le pain sur nos lèvres.

Deux gestes qui appellent pour qui les reçoivent de redevenir comme des petits enfants, se laissant faire, se laissant toucher et aller à l’abandon entre les mains de Dieu.

Pierre comme nous-mêmes avons bien du mal à nous laisser faire.

L’Eucharistie est un baume posé sur nos plaies, non comme une récompense, mais comme un remède, qui pour être efficace demande que nous consentions à découvrir nos plaies, nos douleurs, nos manques… Sur des cœurs sûrs d’eux-mêmes Jésus ne peut venir, sur des cœurs pauvres Il peut régner.

Le Sacerdoce demande aussi que les Prêtres soient des pauvres, des petits, car le Seigneur se sert que des sans voix, des sans prétentions pour venir rejoindre le monde. Bien sûr le Sacerdoce est merveilleux, immense mais il ne doit pas en être imposant.

Dieu ne s’impose pas, le Prêtre non plus, Il ne se propose qu’à ceux qui sont en attente.

Ainsi ce jour du Jeudi Saint quand nous recevrons l’Hostie, le Pain de Vie, laissons-nous emporter par le baiser de Jésus réparant tous les baisers de Juda, et déposant dans nos cœurs l’immense espoir d’être pour toujours ses amis chez qui Il vient faire sa demeure.

† P Marc Antoine Marie,             Jeudi Saint 2014

Méditation de l'icône du lavement des pieds

VENDREDI SAINT

Pourquoi ?

Ce vendredi nous place au pied de la Croix de Jésus.

Nos sentiments risquent d’être secoués par le récit de la Passion, et c’est tant mieux, mais pas suffisant.

Bien sûr il y a le sang, les pleurs, le vinaigre, les clous, la lance et ce bois de la Croix… Pour nous aujourd’hui il est à parier que nous pourrions aussi trouver les mêmes instruments de la Passion dans nos vies et dans celles de nos proches : la maladie, la souffrance physique et morale, l’angoisse de ne pas subvenir aux besoins d’une famille, de n’avoir pas d’avenir social ou professionnel, la perte d’un Être cher, la peur de notre propre mort.

Et face à cela les injustices d’un monde égoïste, nos propres filouteries pour tirer notre épingle du jeu, la tunique sans couture est bien souvent mise en lambeau.

Cela est entouré d’un silence assourdissant, le silence de Dieu même, silence qui n’est percé que par notre propre cri devant ce mur de la souffrance, du deuil.

« Mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Voilà les mots mêmes de Dieu à Dieu…, ils sont les nôtres aussi…

N’hésitons pas à crier dans nos cœurs notre désespérance, à interroger le Père ?

Pourquoi ?

Aucune réponse logique ne sera satisfaisante, encore moins celle qui voudrait y voir le résultat de notre liberté pécheresse, d’une dette à payer suite à une faute…

Le mal est, dans son horreur même, sans cause valable sinon à faire du juste et de l’innocent des proies d’un père sanguinaire…, mais est-il encore père alors ?

Nos images de Dieu censé aimer la souffrance ne sont que mesquineries et névroses.

Certaines de nos attitudes face à la souffrance du Christ, et à la nôtre, sont bien proches d’un masochisme qui n’ose dire son nom si ce n’est pas de la tartufferie pure et simple…

Une seule attitude me semble valable en tant qu’elle respecte la souffrance et l’impuissance : celle de Marie, debout près de la Croix, en silence mais présente.

Alors en ce vendredi soyons simplement là avec Marie pour contempler Jésus souffrant et mourant pour nous.

Et laissons monter dans nos cœurs les cris de révoltes et nos questions ; non dans l’amertume mais dans l’Espérance aveugle, en suivant Marie, que des ténèbres de ce jour surgira la lumière.

P Marc Antoine Marie †

Philippe Jaroussky - Stabat Mater. Antonio Vivaldi (part 1)

VEILLEE PASCALE ET SAINT JOUR DE PAQUES

                                    Un morceau de pain comme signe …..

 

 

 

            Voilà passés les événements de  la mort de Jésus , voilà passé le silence, la douleur semble maintenant s’ancrer ,non plus vive comme la lance ,mais au creux même de nos vies ….. tant d’espoirs ont été déçu par cette mort ….

 

Pourtant au détour d’un jardin,   dans les gestes d’amour d’un rendez vous mortuaire  face à la tombe , dans le refus que tout soit terminé ,dans l’intimité d’un groupe d’amis endeuillés et apeurés au cénacle , sur chemin de retour vers les mornes habitudes , un appel a surgit .

Léger comme une source «  qui cherchez vous ? » .

Et  de suite le cœur qui s’emballe , une brèche qui s’entrouve dans nos épaisses ténèbres , et passe la lumière qui prend la forme d’un nom ; d’un appel par notre propre nom  avec les accents que Lui seul peut donner à ce nom ….

Et cet inconnu qui nous parle ,nos cœurs qui brûlent comme avant , mieux qu’avant .

Nos espoirs qui resurgissent mais en mieux, lavés des gloires antérieures par la souffrance de la perte donnant le prix de l’essentiel .

 

Oui Il est là , Il nous appelle , Il dit « c’est moi n’ayez pas peur » …..

Histoire toujours nouvelle car avec Lui aussi surgissent tous ceux que nous avons perdus et qui semblent revenir en filigramme , de loin comme attirés par Lui .

 

Ouvrons nos cœurs pour entendre la voix de Celui qui ,revenus de nos morts , viens faire revivre en nous l’enfant que nous étions, que nous sommes de toute éternité et pour toujours .

 

 Que l’alleluia pascal soit notre cri , jubilation ineffable se levant dans nos cœurs  en douceur comme le blé sortant de terre ….fragile mais fier de paraître de nouveau au jour après le froid de la terre.

 

Finalement nos espoirs sont déjà réalisés au creux de notre  main ,et  flotte dans l’air le baume des parfums nous invitant à poursuivre le chemin .

Un seul signe pour continuer notre route  : un pain déposé devant nous ,blanc et tendre.

Prends et mange nous dit notre cœur car ce  pain a été rompu pour toi et tes frères par Celui qui ne cesse de devancer nos espérances en se livrant  à tous  et pour tous pour traverser nos impasses et mener au Royaume déjà fleurissant sous nos pas .

 

 

P Marc Antoine Marie 

 

 

La Pasqua di Cristo - San Gregorio Nazianzeno

Date de dernière mise à jour : 18/04/2014

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